
"Jacques Leveugle, âgé de 79 ans, est décédé en détention ce samedi 19 septembre des suites d’une maladie incurable", selon un bref communiqué du parquet de Grenoble diffusé ce lundi 21 septembre.
Soupçonné de viols et agressions sexuelles aggravés commis sur 89 mineurs dans plusieurs pays entre 1967 et 2022, dont le Caillou, ainsi que du meurtre de sa mère et de sa tante en 1974 et 1992, il avait été confondu grâce à des mémoires trouvés par son neveu, et mis en examen et placé en détention provisoire en février 2024.
Devant l’ampleur du dossier, les enquêteurs s’étaient résolus à lancer le 10 février dernier un vaste appel à témoins pour accélérer leur identification.
Le parquet avait indiqué en juillet espérer un procès en 2027, bien que la quasi-totalité des faits lui étant reprochés soient prescrits. Au total, les enquêteurs avaient "identifié 79 mineurs susceptibles d’avoir été victimes d’attouchements sexuels ou de viols" dont 55 "ont été entendus" et 24 "ont déposé plainte".
L’enquête avait établi que Leveugle avait "sillonné le monde entre le milieu des années 1960 et le milieu des années 2020" comme enseignant ou éducateur sportif, faisant du soutien scolaire ou encadrant des enfants délinquants.
Outre la France métropolitaine et la Nouvelle-Calédonie, il a circulé dans neuf pays : Algérie, Suisse, Allemagne, Maroc, Niger, Colombie, Philippines, Portugal et Inde, exerçant selon les enquêteurs, une "séduction intellectuelle" sur des jeunes issus de milieux défavorisés.
Né à Annecy en 1946, Jacques Leveugle avait fait des études de lettres et suivi des formations d’éducateur et d’infirmier, jamais achevées. Dans ses mémoires, il se décrivait comme un "gentleman boy lover", invoquant la Grèce antique et ses "éphèbes" et citant les auteurs André Gide et Henry de Montherlant.
En février dernier, le parquet de Nouméa avait précisé que Jacques Leveugle avait vécu en Nouvelle-Calédonie entre 1983 et 1985 [1]. Toute personne victime ou témoin des agissements de Jacques Leveugle entre 1983 et 1985, alors qu’il exerçait sur le territoire des fonctions d’éducateur, peut appeler le numéro gratuit mis à disposition par la gendarmerie : 05 06 00. Si les faits qui se sont déroulés avant 1993 sont prescrits, ils peuvent aider la justice concernant les agressions plus récentes.