
La colère n’en finit pas de monter au sein de la police nationale. Une semaine après une première action symbolique, organisée pour exprimer leur mécontentement concernant l’absence de revalorisation salariale [1], une quarantaine de policiers se sont de nouveau rassemblés devant le commissariat central de Nouméa, ce mardi 22 septembre, à l’appel du syndicat Un1té SGP Police.
L’heure de débrayage visait à interpeller leur direction nationale autour du 24 septembre. Cette date, qui commémore la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France, est un jour chômé et férié en Nouvelle-Calédonie, "pourtant la police nationale ne le reconnaît pas en tant que tel" pour ses agents, déplore Daniel Tamanogi, secrétaire zonal Pacifique d’Un1té SGP Police.

"Tous les services publics d’État ou territoriaux sont fermés ce jour-là", pointe le syndicaliste. Les policiers, eux, "travaillent normalement", et sont même davantage mobilisés que durant d’autres jours chômés, tant cette date symbolique cristallise les tensions ces dernières années, entraînant le déploiement d’un important dispositif de sécurité sur l’ensemble du territoire.
"Tous ces personnels qui sont appelés en renfort, en particulier la nuit, ne bénéficient d’aucune compensation, ni horaire, ni pécuniaire", critique Daniel Tamanogi, qui exige "simplement le respect de l’arrêté de 1991 du haut-commissariat". Ce texte fixe le calendrier officiel des jours fériés en Nouvelle-Calédonie et prévoit que les heures travaillées ouvrent droit à des majorations ou un repos compensateur équivalent. "C’est un dossier qu’on porte depuis de nombreuses années, la direction nationale est parfaitement au courant, on ne comprend pas sa position sur ce sujet."

Un autre dossier, révélé par La Fédé, provoque également l’agacement des policiers ces derniers jours : la demande de remboursement, par la direction nationale, de la prime de voie publique perçue par certains agents mobilisés au lendemain des événements de mai 2024. En cause : un "manquement réglementaire interne". "Elle a été versée de manière indue à certaines unités qui ne pouvaient pas y prétendre, rapporte Daniel Tamanogi. Un échéancier de remboursement a été mis en place, ça concerne environ 35 policiers. Nous avons déposé des recours auprès du tribunal administratif."
"Le dévouement exceptionnel des policiers sur le terrain ne peut pas être balayé par une défaillance administrative", s’insurge de son côté La Fédé.