
"Les États-Unis sont profondément préoccupés par l’objectif déclaré du gouvernement australien d’imposer de vastes obligations de protection qui dicteraient la manière dont les plateformes gèrent les contenus et les fils d’actualité de leurs utilisateurs", a indiqué l’ambassade américaine à Canberra mardi 22 septembre, dans un communiqué. Cet avertissement intervient après la présentation, par le Premier ministre australien Anthony Albanese, d’un projet de loi imposant aux plateformes des obligations pour protéger leurs utilisateurs. "Le gouvernement défend l’intérêt des Australiens", a répondu M. Albanese à des journalistes à New York où se tient l’Assemblée générale de l’ONU.
"Il ne s’agit pas de donner le contrôle au gouvernement, il s’agit de redonner aux gens le contrôle sur ce qu’ils reçoivent sur leurs mobiles", a déclaré M. Albanese. Selon le projet de loi, les géants des réseaux sociaux risquent des amendes pouvant aller jusqu’à 109 millions de dollars australiens (68 millions d’euros) s’ils ne parviennent pas à protéger les jeunes utilisateurs des contenus dangereux.
Les entreprises seraient tenues responsables de la protection des moins de 18 ans face à la pornographie, au harcèlement en ligne, aux contenus faisant l’apologie de la criminalité et à ceux encourageant les troubles alimentaires. Le texte prévoit également que les plateformes soient tenues de permettre aux utilisateurs de ne plus être subordonnés aux puissants algorithmes qui déterminent ce qui apparaît dans les fils d’actualité. Le texte doit être présenté au Parlement australien à la fin de l’année.
L’ambassade des États-Unis à Canberra a averti que le projet de loi pourrait donner "un cadre qui donne aux gouvernements le pouvoir de faire respecter des définitions vagues du 'préjudice' risquant de devenir un mécanisme de censure fondée sur les opinions". Elle a également souligné que la loi aurait principalement un impact sur les entreprises américaines et a réaffirmé son "opposition aux mesures étrangères qui aboutissent à une censure extraterritoriale" de l’expression des Américains.
L’Australie a mis en œuvre en décembre une législation pionnière interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans [1], destinée à protéger les enfants contre le harcèlement en ligne et les "algorithmes prédateurs". Le Royaume-Uni, la France et d’autres pays lui ont emboîté le pas. Des données publiées en août ont cependant montré que l’usage des applications de réseaux sociaux comme Instagram et TikTok par les adolescents australiens a augmenté malgré l’interdiction. [2]
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/pacifique/australie/societe/en-australie-les-moins-de-16-ans-officiellement-interdits-d-acces-aux-reseaux-sociaux
[2] https://www.lnc.nc/article/australie-l-interdiction-des-reseaux-sociaux-aux-moins-de-16-ans-a-peu-d-impact-selon-une-etude
[3] https://www.lnc.nc/user/password
[4] https://www.lnc.nc/user/register
[5] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements