
L’assemblée de la province Sud a adopté, le mercredi 23 septembre, "Jeunesse engagée du Pacifique", son propre programme de volontariat international. La collectivité travaillait déjà depuis 2022 avec France Volontaires et le dispositif de l’État, Territoires Volontaires. Sept jeunes avaient ainsi effectué des missions au Vanuatu et au Cambodge avant l’interruption provoquée par les événements de 2024.
Le nouveau cadre doit permettre d’aller plus loin. Jusqu’ici, Territoires Volontaires ne pouvait financer que des départs vers des pays éligibles à l’aide publique au développement. La province pourra désormais monter des missions notamment en Australie et en Nouvelle-Zélande, et répondre plus rapidement aux propositions de ses partenaires.
Six missions sont déjà prévues en 2026 et 2027, autour de l’éducation, de la francophonie, des droits des femmes, du sport adapté ou de la culture, au Vanuatu, à Fidji et en Australie. L’une d’elles fonctionnera, et c’est une première, dans l’autre sens, puisqu’un volontaire du Vanuatu devrait également être accueilli sur le Caillou. Coût total de ces missions : 15,8 millions de francs, dont près de 10 millions financés par des partenaires extérieurs et 5,84 millions à la charge de la province.
Le dispositif vient en complément des départs déjà organisés au travers de France Volontaires. Sept jeunes Calédoniens préparaient ainsi, début septembre, des missions de sept à douze mois [1] au Vanuatu, à Fidji, en Nouvelle-Zélande et au Cambodge.
Loïc Basset-Creugnet, troisième vice-président de la Maison Bleue, et chargé notamment de l’enseignement, estime que les finances actuelles permettent pour le moment d’accompagner environ une dizaine de jeunes par an, mais espère une montée en puissance des effectifs. L’objectif est aussi qu’ils reviennent avec une expérience, des compétences et des idées pouvant être valorisées au pays.
Les élus ont toutefois voulu préciser les conditions d’accès au dispositif. Un amendement déposé par l’Éveil océanien, et accepté par l’exécutif, précise que l’absence de diplôme ne pourra, à elle seule, justifier le rejet d’une candidature. Un second amendement réclamait un bilan détaillé tous les six mois. Sonia Backès l’a jugé trop lourd pour "moins de dix jeunes par an". Un bilan sera donc présenté aux élus une fois l’an. Le programme a finalement été adopté sans opposition ni abstention.
Deuxième décision concrète de la séance, l’aide provinciale à la sécurisation des entreprises, créée en 2018, n’aura plus de date de fin, alors que le dispositif était censé s’éteindre au 1er janvier 2027.
Le principe reste le même. La province peut prendre en charge 50 % des dépenses éligibles, dans la limite d’un million de francs, pour financer notamment alarmes, vidéoprotection, portes renforcées ou rideaux métalliques. Depuis 2018, rappelle la province, 332 entreprises en ont bénéficié, pour 113,5 millions de francs d’aides et 230,3 millions de travaux. En 2026, 88 demandes ont été enregistrées : 16 ont été acceptées, 19 refusées ou déclarées irrecevables et 53 restent en cours d’instruction.
Mais cette pérennisation a ravivé le débat sur son évaluation. En commission, les services ont indiqué ne pas disposer des données permettant de savoir combien des 332 entreprises aidées sont encore en activité. Plusieurs élus ont demandé un suivi plus poussé.
Gil Brial distingue toutefois la sécurisation d’un local de la santé économique de l’entreprise qui l’occupe. "Notre dispositif vient sécuriser", rappelle le premier vice-président. Il cite des établissements cambriolés avant leur équipement qui, selon les retours dont il dispose, ne l’auraient plus été ensuite. Il insiste également sur le rôle des référents sûreté de la police et de la gendarmerie, qui conseillent les entreprises sur les équipements à installer, ainsi que sur l’intérêt des caméras couplées à une alerte pour intervenir plus rapidement ou aider à identifier les auteurs.
Le groupe Kanaky s’est abstenu, en l’absence d’évaluation globale du dispositif, estimant qu’une aide devenue permanente devait faire l’objet d’un suivi de ses résultats et s’accompagner de prévention en amont. Ce qui n’a pas empêché la délibération d’être adoptée.
L’assemblée a modifié plusieurs dispositions du Code de l’urbanisme applicables en province Sud. Le texte adopté vise notamment à adapter les justificatifs demandés pour les projets situés dans des secteurs exposés aux inondations, aux mouvements de terrain ou aux submersions marines, afin de ne pas imposer les mêmes contraintes selon le niveau de risque.
Les élus ont également précisé au travers d’un amendement qu’une carte des risques naturels ne pourra servir à imposer des contraintes supplémentaires à un projet, que si elle a auparavant été officiellement portée à la connaissance du public, soit dans le cadre du PUD de la commune, soit par une procédure spécifique. Une garantie importante, puisque ces cartes peuvent conduire à imposer au demandeur une expertise à ses frais.
Les élus ont également approuvé la quatrième modification du plan d’urbanisme directeur de la ville de Nouméa. Soumis à enquête publique fin 2025, le dossier avait obtenu un avis favorable assorti de sept recommandations. Les changements portent sur diverses règles techniques, notamment l’implantation de commerces et de services, le stationnement des véhicules électriques, le patrimoine architectural et différents zonages de la commune.
La province a par ailleurs revu l’organisation de certains de ses services. Parmi les modifications figure la pérennisation d’un dispositif de surveillance mobile expérimenté depuis juin 2025. Plutôt que de maintenir un agent en permanence sur chaque site, des équipes effectueront des rondes nocturnes entre plusieurs bâtiments provinciaux.