
En 2024, le niveau moyen des mers a augmenté de près de 6 millimètres, la hausse annuelle la plus importante jamais enregistrée. Il devrait monter d’un mètre voire plus d’ici la fin du siècle si aucune mesure drastique n’est prise. Les Nations Unies ont ainsi approuvé jeudi 24 septembre, durant l’Assemblée générale, une déclaration affirmant que les espaces maritimes contrôlés par les pays restent en place même si les côtes reculent. "Une fois qu’un État est établi, la disparition de l’un de ses éléments constitutifs n’entraîne pas nécessairement la perte de sa qualité d’État". Une question qui était abordée dans le documentaire Nations of water réalisé en 2022 et financé par le Pacific islands Universities regional Network et l’Université de la Nouvelle-Calédonie.
"Pour des États qui sont littéralement définis par l’océan autour de nous, l’impact de la hausse du niveau de la mer va changer nos vies", a affirmé le président de l’archipel des Palaos Surangel Whipps Jr., qui s’exprimait au nom de l’alliance des petits États insulaires. "La hausse du niveau de la mer se compte en millimètres, mais son bilan se compte en millions de vies brisées, communautés déracinées et avenirs volés", a soutenu le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, qui a rappelé qu’environ "770 millions de personnes vivent aujourd’hui à moins de cinq mètres au-dessus de la ligne de marée haute". Et d’insister : "Nous ne pouvons permettre que des pays et des cultures disparaissent sous les flots [1], ni laisser les aspirations de milliards de personnes sombrer au fond de l’eau."
Même de faibles augmentations du niveau de la mer présentent des risques graves, a expliqué Tom Mortlock, analyste principal en recherche sur les catastrophes chez Aon, multinationale d’assurance spécialiste en gestion des risques. Une hausse d’un centimètre du niveau de la mer correspond à un retrait d’un mètre de côtes. Les prévisions montrent que les inondations qui peuvent survenir une fois tous les 50 ans avec les niveaux de la mer actuels pourraient revenir tous les trois à quatre ans si ces niveaux augmentaient de cinquante centimètres. Les solutions naturelles, comme les mangroves, "peuvent réduire les risquent côtiers, mais elles permettent aussi de s’attaquer au problème central que nous pose le changement climatique, à savoir la séquestration et l’atténuation du carbone", rappelle Tom Mortlock.
Le texte met l’accent sur la science, l’adaptation, le financement, la résilience et la protection des populations, alors que le phénomène s’accélère sous l’effet du réchauffement climatique. Adoptée lors d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale, la déclaration reconnaît que l’élévation du niveau de la mer " n’est pas un scénario lointain ", mais une réalité vécue par de nombreuses populations. "La déclaration insiste aussi sur le recours à des solutions fondées sur la nature. La restauration et la protection des mangroves, des récifs coralliens, des zones humides côtières et d’autres écosystèmes peuvent contribuer à renforcer la résilience tout en protégeant la biodiversité." précise le site Internet de l’ONU [2].
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/pacifique/environnement/economie/montee-des-eaux-connectivite-aerienne-creation-audiovisuelle-quels-sont-les-grands-projets-de-la-france-dans-le-pacifique
[2] https://news.un.org/fr/story/2026/09/1159541
[3] https://www.lnc.nc/user/password
[4] https://www.lnc.nc/user/register
[5] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements