
"À partir d’aujourd’hui, le travail commence." Le président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, espère désormais voir deux dossiers débattus depuis des années prendre enfin corps : les réformes de la retraite du privé et du Ruamm. Vendredi 25 septembre, en l’auditorium de la CCI, l’exécutif et les partenaires sociaux ont arrêté leur méthode de travail et un calendrier particulièrement serré.
Le cap avait été fixé par Milakulo Tukumuli dans sa déclaration de politique générale du 24 aoû [1]t : faire adopter ces réformes avant le 31 décembre. Une échéance que le président reconnaît lui-même "un peu ambitieuse". "Mais il faut avoir des ambitions", assume-t-il.
L’urgence est avant tout financière. Selon les besoins présentés lors de la récente mission transpartisane à Paris [2], il faudrait en 2027 15,16 milliards de francs pour équilibrer la retraite du privé et 22,67 milliards pour le Ruamm. "Il faut stopper l’hémorragie", insiste Milakulo Tukumuli. Sur les quelque 60 milliards de soutien recherchés auprès de l’État, souligne-t-il, "trois cinquièmes" serviraient ainsi à couvrir les comptes sociaux.
Les discussions ne repartent pas de zéro, tant s’en faut. La réforme du Ruamm, votée en 2023 [3]avait notamment renvoyé à une délibération ultérieure la fixation des taux de cotisation, sujet sensible pour les travailleurs indépendants. Christopher Gygès, vice-président du gouvernement chargé notamment de l’économie et de la fiscalité, assure que les textes déjà sur le bureau du Congrès serviront de base, quitte à les aménager.
Côté retraites, deux textes doivent désormais être rapprochés pour n’en former qu’un. Parmi les mesures déjà envisagées figure le passage progressif de 37 à 39 années de cotisation d’ici 2030 [4]. "On privilégie le consensus", affirme Christopher Gygès, tout en prévenant que le gouvernement procédera aux arbitrages nécessaires s’il le faut.
Les prochaines étapes sont fixées. Un atelier sur le Ruamm aura lieu le 17 octobre, puis un autre sur les retraites le 20. Les partenaires sociaux devront préparer leurs propositions en amont. À l’USTKE, Fidel Malalua, deuxième vice-président du syndicat, confirme l’accord sur "la méthode, le format et le rythme assez soutenu". "En trois mois, c’est assez compliqué", reconnaît-il. Mais "ce ne sont pas des sujets sur lesquels il faut fuir. Au contraire, il faut les affronter ensemble."
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/retraites-ruamm-budget-le-gouvernement-tukumuli-se-donne-six-mois-pour-agir
[2] https://www.lnc.nc/article/mission-transpartisane-l-etat-annonce-jusqu-a-55-milliards-de-francs-pour-le-pays-en-2027
[3] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/le-texte-sur-la-reforme-du-ruamm-vote-a-l-unanimite-par-les-elus-du-congres
[4] https://www.lnc.nc/article/retraites-la-duree-de-cotisation-devrait-passer-de-37-a-39-ans
[5] https://www.lnc.nc/user/password
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