
Des falaises coralliennes où se fracassent les vagues jusqu’aux sommets qui dominent l’île des Pins, les vestiges du bagne côtoient les légendes kanak, comme celles du tricot rayé ou de l’ogre. Le tout, accompagné par l’esprit des ancêtres gravés sur les dizaines de poteaux en bois installés pour guider les marcheurs.
Depuis 2022, la tribu de Comagna, bordée des emblématiques baies de Kanuméra et de Kuto, a entamé une métamorphose, sous la houlette de ses habitants et de la province Sud, déterminés à valoriser les trésors de l’île, au-delà de ses plages paradisiaques. C’est dans cet état d’esprit que plusieurs sentiers de randonnée, balisés et aménagés, voient le jour.

Inauguration de l’ascension du Pic N’ga en 2023, de la boucle en bord de mer sur la presqu’île de Kuto (Kö xamè Vuto) en 2025, et prochainement du sentier du pic Meunier, en cours de finalisation. Un nouveau tronçon qui démarre des ruines du bagne de Wero pour rejoindre les hauteurs le long des crêtes, avec la possibilité de poursuivre jusqu’au pic N’Ga. Si le chemin est d’ores et déjà apte à accueillir les promeneurs en toute sécurité, manque encore la pose de panneaux d’information sur ce nouvel itinéraire qui pourrait attirer un profil plus varié de visiteurs.
"D’une manière générale, en province Sud, on travaille désormais beaucoup sur des projets qui valorisent à la fois les activités de pleine nature et notre patrimoine. À l’île des Pins, comme nous sommes sur terre coutumière, cela implique de se concerter d’abord avec la tribu, afin d’avoir le meilleur respect possible des lieux, mais aussi le meilleur tracé, explique Malia Terebo, gestionnaire de patrimoine à la Maison bleue. Ici, nous avons à la fois les paysages, les traditions orales, ainsi que les sites archéologiques. Donc nous essayons de compiler tous ces aspects, ce qui implique un gros repérage en amont pour voir ce qui est valorisable, afin de proposer des randonnées qui allient le patrimoine matériel et immatériel. Par exemple, sur le sentier de Kuto, on a mis en avant la légende du tricot rayé qui est associée à cette presqu’île. À terme, l’idée est d’équiper ces sentiers avec soit un QR code, soit une application qui permettrait des visites virtuelles avec plus d’informations pour aller plus en profondeur."

Un travail qui vise à diversifier les activités pour attirer davantage de touristes, tout en stimulant l’emploi local. "À travers les projets de développement de ce tourisme nature-culture, on essaie de faire en sorte que cela puisse aussi créer une dynamique économique. Par exemple, les jeunes sculpteurs de l’association Kaabugny, initialement chargés de créer les poteaux, sont aujourd’hui formés et participent à la création et à l’entretien des sentiers. Cela contribue à les aider à vivre de leur activité."
"Un début"
Pour l’heure, ces initiatives sont cantonnées à la tribu de Comagna, historiquement proactive en matière de tourisme à Kunié. Pour autant, le potentiel de l’île est encore largement sous-exploité. L’ambition serait donc de mailler davantage le territoire de circuits de randonnées en tous genres, si les autorités coutumières des tribus concernées donnaient leur accord.

Car Malia Terebo ne manque pas d’idées : "Ces trois projets à Comagna sont un début. On aimerait étoffer l’offre de circuits et de visites dans les autres tribus. À Kéré, par exemple, il y a un tumulus situé à côté du cimetière des déportés de la Commune de Paris. On pourrait très bien imaginer y créer un itinéraire qui permet de découvrir deux types de patrimoine, l’un ancien et l’autre plus récent."

Une petite boucle de 2,3 km, soit 45 minutes de marche.
Une grande boucle de 2,7 km, soit 1 heure de marche.
Dénivelé : 20 mètres.
Niveau : facile.

Distance : 5 km aller-retour.
Dénivelé : 240 mètres.
Altitude : 262 mètres.
Niveau : modéré.

Distance : environ 5 à 7 km selon la variante choisie.
Type : boucle ou aller-retour (environ 2 à 3 heures pour la boucle complète reliant les crêtes).
Difficulté : modérée.