
Le conseil des ministres polynésien a adopté, le mercredi 30 septembre, un arrêté relatif au vœu du gouvernement "pour l’engagement, par la République française, d’un dialogue de décolonisation avec les institutions du pays et l’accompagnement des Nations Unies".
Le président du Pays, Moetai Brotherson, régulièrement pris à partie depuis le début de la mandature par le camp indépendantiste sur cette question, s’était engagé à présenter ce vœu lors de l’adoption, à l’Assemblée, le 24 septembre, d’une résolution transpartisane sur l’autodétermination.
Les groupes Tavini, Tapura et A Fano ti’a s’y accordent, malgré les importants amendements apportés au texte en séance, sur trois demandes : l’autorisation par l’État d’une "mission de visite" onusienne en Polynésie, pour "prendre connaissance de la situation politique, institutionnelle, sociale et culturelle", l’élaboration d’un programme de travail avec l’État et l’ONU sur les différentes options institutionnelles qui s’offrent à la Polynésie, et l’ouverture d’un "dialogue structuré avec la République française" sur les conditions dans lesquelles ces différentes options pourront être présentées à la population de la Polynésie française.
Le vœu du gouvernement, adopté à la veille du départ de Moetai Brotherson pour New York, où il sera rejoint dans quelques jours par des délégations de pétitionnaires des trois groupes de l’assemblée, se concentre avant tout sur ce dernier point. Le texte s’appuie sur l’inscription de la Polynésie française, depuis le 17 mai 2013, sur la liste des territoires non autonomes des Nations Unies, qui exigent depuis chaque année de la France qu’elle engage des discussions formelles sur l’avenir institutionnel. "Ce dialogue permettrait de convenir d’un programme de travail garantissant l’information et la libre expression du peuple polynésien, précise le gouvernement dans un communiqué. Il permettrait également d’examiner les conditions d’organisation d’une mission de visite des Nations Unies en Polynésie française, sans préjuger du choix du peuple polynésien quant à son avenir."
Dans la formulation retenue, le gouvernement "laisse aux parties le soin de définir ensemble les modalités du dialogue" et ne "demande pas aux différentes sensibilités politiques de renoncer à leurs convictions". Ce vœu sera porté, lundi 5 octobre, devant la quatrième commission de l’ONU par le président Moetai Brotherson.