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Le Pacifique, sur le front du changement climatique, accueille les négociations avant la COP31
A.F.P. | Crée le 03.10.2026 à 09h58 | Mis à jour le 03.10.2026 à 10h05

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Déjà en 2021, le ministre des Affaires étrangères des Tuvalu, Simon Kofe, avait enregistré un message debout dans l'eau jusqu'aux cuisses au large des côtes de l'archipel, adressé aux délégués de la COP26 pour sensibiliser à la montée des océans. Photo : Archives / AFP / Handout
Des délégués du monde entier se rendront la semaine prochaine à une conférence pré-COP dans le Pacifique, à Fidji et aux Tuvalu, pour des négociations sur le climat et observer les dégâts que le changement climatique inflige aux pays insulaires de la région.

"Nous avons besoin qu'ils viennent voir", a dit le ministre de l'Environnement des Palaos, Steven Victor, à l'ouverture du Forum des îles du Pacifique, fin août. Ministres, négociateurs et une poignée de dirigeants mondiaux sont attendus dans la ville de Nadi aux Fidji pour la réunion du 5 au 8 octobre visant à faire avancer les négociations climatiques. Ces discussions doivent préparer le terrain de la COP31, grande conférence mondiale sur le climat sous l'égide de l'ONU qui doit se tenir à Antalya, en Turquie, en novembre prochain.

Pour les nations du Pacifique, c'est l'occasion d'attirer l'attention de la communauté mondiale sur les effets dévastateurs du changement climatique dans la région. Ces pays veulent notamment adhérer à l'objectif d'un réchauffement climatique limité à 1,5°C, améliorer l'accès aux financements climatiques et accorder une plus grande attention à l'impact sur les océans.

Plus d'un millions de personnes déplacées dans 25 ans ?

Le niveau de la mer s'élève à un rythme record, sous l'effet du réchauffement des océans et de la fonte des glaciers, selon un rapport du secrétariat général de l'ONU, publié en août. Cela pourrait contraindre 1,2 milliard de personnes dans le monde à être déplacées d'ici 2050, les pays insulaires affrontant une élévation du niveau de la mer deux fois supérieure à la moyenne mondiale.

Le rapport pointe aussi un déficit de financement : les pays en développement, qui auraient besoin de 310 à 365 milliards de dollars pour s'adapter, ne disposaient que de 26 milliards de dollars à ce titre en 2023.

Au programme des principaux délégués est prévue une journée à Tuvalu, État insulaire qui prépare des plans de déplacement de sa population face à la montée des eaux. Les délégués observeront les travaux de poldérisation à Tuvalu, où le point culminant n'atteint que deux mètres au-dessus du niveau de la mer. Deux des neuf atolls coralliens du pays sont déjà en grande partie submergés.

 "Agir en urgence"

"La montée du niveau de la mer n'est pas une menace future, c'est une réalité du présent", a souligné à l'ONU la semaine dernière, le Premier ministre des Tuvalu Feleti Teo. "Le message de Tuvalu est clair : le monde doit agir de façon décisive, collective et en urgence pour protéger le futur des générations à venir."

L'an dernier, l'Australie s'est retirée de la course contre la Turquie pour accueillir la COP31, à la faveur d'un accord lui permettant de présider les négociations et d'organiser les pourparlers préparatoires dans le Pacifique. L'Australie a cependant été critiquée en tant que producteur majeur de gaz et charbon, des énergies fossiles, qui contribuent au réchauffement.

Faible participation

A ce stade, moins d'une douzaine de dirigeants, principalement du Pacifique, ont confirmé leur participation aux réunions de Fidji et Tuvalu, suscitant des inquiétudes sur une faible participation. Fidji a indiqué, en septembre, compter sur les chefs d'Etat d'Antigua-et-Barbuda, du Cap-Vert, de Thaïlande, des Maldives et du Timor oriental.

La pré-COP "n'est normalement pas une réunion de dirigeants", mais plutôt des pourparlers au niveau ministériel et des négociateurs de haut niveau, a nuancé Chris Bowen, le ministre australien du Climat, en charge des négociations, répondant à des journalistes. Si les organisateurs n'ont pas publié de chiffres détaillés sur la participation, selon Chri Bowen, 4 000 participants de 60 pays sont attendus.

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