
Le mouvement lycéen qui secoue l’Hexagone depuis plusieurs semaines [1] ne s’est finalement pas propagé à la Nouvelle-Calédonie. Alors que des appels à la mobilisation circulaient depuis le début de la semaine sur les réseaux sociaux, sous la forme d’affiche réalisée par l’intelligence artificielle appelant à des rassemblements devant les établissements scolaires ce mercredi 7 octobre, "aucun blocage, ni rassemblement, ni incident n’a été recensé à ce stade en Nouvelle-Calédonie", indique le haut-commissariat, dans un communiqué publié à 8h30.
Devant le lycée Lapérouse, où devaient se regrouper les éventuels manifestants nouméens, les lycéens avaient tous pris le chemin des salles de classe à 8 heures, ont pu constater sur place Les Nouvelles calédoniennes. Certains élèves évoquaient toutefois un absentéisme important ce mercredi, probablement lié à la crainte de débordements chez une partie des parents. Contacté, le vice-rectorat n’a pas confirmé l’information.
"Pour nous, ce n’est pas un flop", a réagi Jean-France Toutikian, secrétaire de l’Union des groupements de parents d’élèves (UGPE), présent devant le lycée Lapérouse ce mercredi matin. Il voit d’un bon œil la tentative de mobilisation et la solidarité affichée d’une partie des lycéens calédoniens avec leurs homologues métropolitains. Si ce mouvement déjà historique en France n’a pas eu l’écho attendu sur le territoire, c’est en raison de sa proximité avec les examens en Nouvelle-Calédonie, explique-t-il. "Les jeunes passent actuellement leurs épreuves de BTS, dans trois semaines c’est au tour des élèves de Bac pro… Ce n’est pas le moment de faire un blocus", justifie Jean-France Toutikian.

Ce qui ne veut pas dire, insiste-t-il, que les mauvaises conditions de scolarité seraient une problématique étrangère aux lycéens calédoniens. "Il y a des gros problèmes dans certains établissements, comme le lycée Augustin-Ty à Touho, le lycée des îles Williama-Haudra [à Lifou NDLR], avec notamment des salles de classe inondées comme on peut voir en Métropole. À Escoffier, les conditions de travail, absolument indignes du XXIe siècle, ont été dénoncées en début d’année à la fois par les élèves et les enseignants. [2]"
Le secrétaire de l’UGPE évoque également un dialogue rompu ces trois dernières années avec le précédent gouvernement. "On a adressé des courriers à la nouvelle membre en charge de l’enseignement [Nina Julié NDLR], restés pour l’instant sans réponse."
Cette dernière doit justement recevoir, aux côtés du haut-commissaire et du vice-recteur, une délégation de représentants du conseil calédonien de la vie lycéenne, ce mercredi, à 13 heures.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/blocage-des-lycees-en-france-nouvelle-journee-de-mobilisation-sous-haute-surveillance
[2] https://www.lnc.nc/article/pas-de-cantine-toilettes-insalubres-au-lycee-escoffier-une-mobilisation-contre-des-conditions-indignes
[3] https://www.lnc.nc/user/password
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