
Sur l’îlot Amédée, les anciennes dalles de béton du restaurant ont été démolies et une grande partie des débris qui encombraient la plage a été évacuée. Mais le chantier engagé le 5 août par la province Sud n’est pas encore terminé. Initialement annoncée début octobre, la fin des travaux est désormais prévue "la première semaine de novembre", indique Guillaume Derquenne, directeur adjoint de la direction de l’aménagement, de l’équipement et des moyens (DAEM) de la province Sud. En cause notamment, des fournitures commandées hors du pays qui ont tardé à arriver.
Les coups d’ouest et le recul du trait de côte avaient mis au jour des blocs provenant d’anciens ouvrages. Certaines dalles se retrouvaient même en porte-à-faux. L’entreprise Sciage béton a notamment déconstruit celles de l’ancien restaurant et une partie des installations situées près de l’osmoseur qui sert au filtrage de l’eau. "Pour l’instant, c’était du nettoyage", précise Guillaume Derquenne. L’objectif étant d’abord de débarrasser la plage de ces vestiges, avant de s’attaquer à la protection de l’ensemble du littoral contre l’érosion.
Reste maintenant à protéger la passerelle du wharf sur l’îlot. L’entreprise doit y constituer une digue avec des "géobags", de grands sacs remplis de sable, puis remblayer derrière cette protection. "Le sable sera prélevé près de l’enrochement existant, puis acheminé sur 130 à 150 mètres à l’aide de convoyeurs électriques. Un dispositif qui permet de limiter la circulation des engins de chantier sur ce site naturel sensible", poursuit Guillaume Derquenne.
Car sur ce site protégé, des précautions environnementales accompagnent les interventions, assure le directeur adjoint. Le bureau Aqua Terra assure un suivi pour prévenir notamment d’éventuelles fuites hydrauliques et organiser le déplacement des tricots rayés présents dans les zones concernées. Si les secteurs en chantier sont temporairement balisés, l’accès au wharf reste possible et les activités touristiques se poursuivent normalement.
La protection du littoral devra ensuite franchir une nouvelle étape. Une vingtaine de "reef balls", des modules de récifs artificiels destinés à atténuer la force des vagues, pourraient être installés d’ici à la fin de l’année, près d’un récif existant. L’objectif est de réduire les impacts des coups d’ouest.
Pour la suite, le gros du programme reste encore à organiser. Après les dégâts causés par le cyclone Gabrielle en 2023, la province avait annoncé réaménagement durable de l’îlot, avec des bâtiments en retrait du rivage et des équipements destinés à améliorer son autonomie en eau et en énergie. Un appel à concurrence a d’ailleurs été lancé en mai 2026, mais pour l’instant, aucun calendrier de reconstruction et de reprise des travaux n’est arrêté.
Le chantier en cours représente 20 millions de francs, sur une enveloppe globale annoncée de 248 millions, financée par l’État.