
La PDG de l’entreprise, Christel Bories s’est félicitée, ce lundi 12 octobre, lors d’un point presse d’une "excellente nouvelle pour Eramet", avec un accord entre ses deux principaux actionnaires, l’Était et la famille industrielle Duval. Cet accord prévoit que l’État, via l’Agence des participations de l’État (APE), devienne "très largement le premier actionnaire" d’Eramet mais sans dépasser "50 % du capital de l’entreprise", a déclaré l’Élysée.
Eramet a subi de lourdes pertes financières en 2025 (perte nette de 477 millions d’euros) et son endettement est élevé. Dans ce contexte, le groupe avait annoncé une augmentation de capital en février, présentée comme "essentielle pour le groupe", et programmée au quatrième trimestre.
Dans le cadre de cette opération, les actionnaires actuels bénéficient d’un droit de souscription préférentiel, une priorité pour acheter de nouvelles actions. L’Agence des participations de l’État (APE) va participer à l’augmentation de capital "à hauteur de sa quote-part", mais va aussi "racheter en fonction du cours une partie des droits de souscription préférentiels de l’autre actionnaire", la famille Duval, a détaillé l’Élysée lundi. Il s’agira d’une "part très significative" qui fait que l’État augmentera "significativement (sa) présence dans l’entreprise", a déclaré l’Élysée, qui n’a pas précisé le coût de l’opération pour les finances publiques.
La famille Duval restera le deuxième actionnaire de l’entreprise, dans des proportions non encore connues, a indiqué Eramet. Jérôme Duval a déclaré que cet accord donne à l’entreprise "les moyens de s’affirmer comme un acteur clé de la souveraineté française et européenne", et que, "dans un contexte géopolitique complexe, l’engagement de l’État constituera plus que jamais un atout pour le développement du groupe".
Dans l’immédiat, cet accord "permet à Eramet de disposer rapidement des moyens financiers nécessaires pour rétablir ses équilibres", et "de réaliser dès cette année l’augmentation de capital annoncée en février dans le cadre de notre plan de financement", a réagi la PDG de l’entreprise, Christel Bories.
Face aux médias, elle a indiqué que l’entreprise travaillait également à "l’amélioration de (sa) performance opérationnelle et financière, un pilier évidemment fondamental pour le redressement du groupe", ainsi qu’à "une monétisation d’actifs ciblés", avec des cessions totales ou partielles de sites envisagées. Sur ce point, des "discussions productives sont en cours actuellement", a-t-elle précisé, sans plus de détails.
À fin 2025, l’État détenait un peu plus de 27 % du capital de cette entreprise qui produit du manganèse, utile pour la fabrication d’alliages, du nickel qui sert à faire de l’acier inoxydable et des batteries rechargeables, des sables minéralisés et, depuis fin 2024, du lithium également utilisé dans les batteries électriques.
"La France s’est engagée depuis plusieurs années dans une stratégie forte de sécurisation de ses approvisionnements en métaux critiques, nécessaires à la souveraineté industrielle nationale et européenne", a détaillé le ministère de l’Économie et des finances dans un communiqué, ce lundi.
Sur la première moitié de 2026, Eramet a réalisé une perte nette de 195 millions d’euros, et réalisé 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en données publiées sur le semestre, en hausse de 10 %.
En données ajustées, qui excluent la majeure partie des activités de la Société Le Nickel (SLN) depuis que l’Était finance "intégralement" cette ancienne filiale en Nouvelle-Calédonie (dont Eramet reste l’actionnaire majoritaire) mais incluent l’activité indonésienne, les ventes s’élèvent à 1,65 milliard d’euros, en hausse de 8 %.