
L’Australie fera "tout ce qu’elle peut" pour empêcher que la retransmission en direct de l’exécution d’un prisonnier américain, "totalement abjecte", ne soit accessible dans le pays, a déclaré mardi 13 octobre le Premier ministre Anthony Albanese.
Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé le 3 décembre sur la base de Fort Hood, au Texas (sud), où il avait tué 13 personnes, dont 12 militaires, et blessé plus de 30 autres, en 2009, un attentat inspiré par l’organisation jihadiste Al-Qaïda. Cette mise à mort sera la première effectuée par l’armée américaine depuis 1961 et la première par peloton d’exécution depuis 1945.
Un responsable du Pentagone a indiqué à l’AFP la semaine dernière que l’exécution serait diffusée en direct, après que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré : "Nous veillerons à ce que les gens puissent la regarder, à ce qu’elle soit publique."
Anthony Albanese a estimé à la chaîne nationale australienne ABC qu’il avait une "responsabilité sociale" d’empêcher sa diffusion. "Je ne comprends pas pourquoi quiconque voudrait assister à un tel événement, et encore moins rester les bras croisés et permettre à des enfants et à des familles d’y avoir accès", a déclaré le Premier ministre.
L’autorité australienne de régulation d’Internet a indiqué qu’elle n’avait pas le pouvoir d’empêcher la diffusion de l’exécution en ligne. Le Premier ministre a expliqué que ce n’était "pas aussi simple que d’appuyer sur un interrupteur". Mais il a précisé que son gouvernement ferait clairement comprendre aux plateformes de réseaux sociaux que "ceci n’a pas sa place dans notre pays".
"S’il y a quoi que ce soit que nous puissions faire, nous le ferons, je vous le garantis", a insisté M. Albanese. Le ministre de l’Environnement, Murray Watt, a également déclaré qu’il trouvait cette exécution "absolument répugnante", alors que ce projet a suscité un rare consensus à travers tout l’éventail politique du pays pour s’y opposer.
Le projet de diffusion en ligne de l’exécution de Nidal Hasan suscite une vaste réprobation, tant aux États-Unis qu’à l’international. Une telle diffusion en direct constituerait une forme de "torture", a prévenu le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, réitérant sa position face "aux exécutions publiques en Afghanistan et en Iran".