
"Les discussions qui sont menées sur l'avenir institutionnel du territoire doivent l'être directement avec l'Etat", a déclaré Naïma Moutchou, en réponse à une question du sénateur autonomiste polynésien Édouard Fritch. Les élus "seront conviés, avant la fin de l'année, à Paris, pour poursuivre les discussions", a-t-elle ajouté, ce mercredi 14 octobre.
Édouard Fritch a souligné vouloir agir en "artisan de paix" afin d'"éviter le phénomène que nous connaissons dans l'autre pays du Pacifique", en référence à la Nouvelle-Calédonie, secouée par des mois d'émeutes en 2024.
Début octobre, à New York, les dirigeants autonomistes et indépendantistes polynésiens avaient réclamé d'une seule voix, devant le comité de décolonisation de l'ONU, l'envoi d'une mission d'information sur leur territoire. Une demande rejetée par Paris.
Le président indépendantiste de la Polynésie française, Moetai Brotherson, a de son côté évoqué en début de semaine une invitation de l'Élysée en "début d'année prochaine".
S'il n'exige plus de mission onusienne préalable, il a émis le souhait que des représentants de l'ONU puissent assister aux discussions parisiennes "pour venir écouter tout simplement", dans un entretien donné mardi 12 octobre, à la chaîne Polynésie la 1ère.
Ce dialogue s'ouvre alors que le camp indépendantiste est divisé. Le dirigeant historique Oscar Temaru a lancé, dimanche, une pétition pour légitimer une "déclaration unilatérale d'indépendance", une démarche rejetée par Moetai Brotherson "Je n'ai franchement pas le temps, j'ai un pays à gouverner, j'ai beaucoup d'autres considérations sur mon radar", avait-il réagi sur Polynésie la 1ère.
Situés à 18.000 kilomètres de l'Hexagone, les cinq archipels polynésiens ont été réinscrits en 2013 sur la liste de l'ONU des territoires non autonomes à décoloniser.