
Jeux en bois, tissus, fanions et guirlandes lumineuses… La place des Cocotiers a peu à peu changé de visage ces derniers jours. Jeudi, à quelques heures de l’ouverture du tout premier Nouméa Festival, les dernières installations se poursuivaient tandis que les équipes se préparaient aux filages, la répétition générale des différents spectacles. Avant l’arrivée du public, le cœur de Nouméa avait des airs de vaste atelier à ciel ouvert, à quelques heures du lancement de cette "biennale des arts de la rue" conçue pour remplacer, un an sur deux, le carnaval.
En bas de la place, face à la mairie, Ben s’activait avec cinq ou six personnes pour installer les jeux et les décorations du village forain. Mais l’artiste de l’association Crunc (Cirque de rue uni en Nouvelle-Calédonie) a aussi son propre spectacle à préparer. Dans Un clown en 2050, il imagine un futur où les artistes sont surveillés par satellite, sous l’œil d’une mystérieuse "brigade d’inspection des spectacles populaires". Réseaux sociaux, intelligence artificielle, agriculture… Autant de sujets qu’il aborde avec humour et satire.
Mais il est loin d’être le seul à jongler entre les préparatifs et son spectacle. Selon Lauriane Charbonnel, cheffe de projet culturel à la ville de Nouméa, plus de 100 personnes participent à cette édition. Artistes locaux, compagnies étrangères, techniciens : il a fallu réunir tout ce monde, répartir les espaces et organiser les représentations dans un calendrier serré. " Le plus difficile, ça a été de tout coordonner pour un projet d’une telle envergure ", résume-t-elle.

Pour y parvenir, la ville a confié l’organisation au Chapitô de Nouvelle-Calédonie, dont le réseau a permis de rassembler artistes et équipes techniques. Sur place, chacun a mis la main à la pâte. Même certains artistes programmés ce week-end ont participé aux installations.
L’arrivée des compagnies étrangères a ajouté une difficulté. Il a fallu trouver des artistes disponibles dans des délais courts et capables de voyager léger. " Le choix des compagnies a beaucoup reposé sur la disponibilité des artistes, compte tenu des délais très courts dont nous disposions ", reconnaît Océane Wagio, directrice adjointe du Chapitô. La plupart des artistes internationaux ont atterri dans la nuit de mardi à mercredi. Après une visite des espaces de représentation, les filages prévus jeudi devaient leur permettre de rencontrer les artistes locaux, parfois pour la première fois. Une exception : la compagnie norvégienne Acting for Climate, arrivée deux semaines plus tôt pour préparer une création avec Troc en Jambes.

Ces rencontres peuvent aussi donner des idées aux artistes calédoniens. Océane Wagio constate que beaucoup de spectacles locaux sont conçus pour la salle, avec des décors parfois difficiles à adapter à l’extérieur. Les compagnies invitées, elles, ont l’habitude de jouer avec peu de matériel, sans forcément avoir besoin de techniciens. "C’est aussi un moyen de leur montrer" cette façon de jouer, explique-t-elle. Une autre manière d’envisager le spectacle, plus légère et au contact direct des passants.
Ce vendredi, les préparatifs laissent place aux représentations. Clowns, danseurs, acrobates et musiciens investissent la place pour trois soirées. La ville espère désormais inscrire ce rendez-vous dans la durée, tous les deux ans, en alternance avec le carnaval. En attendant, le spectacle peut commencer. Sans murs ni rideau.
Quand ? Du vendredi 16 au dimanche 18 octobre, de 17 heures à 22 heures.
Où ? Place des Cocotiers, à Nouméa. Les spectacles se répartissent entre la place de la Marne, la place Courbet, la fontaine Céleste, le kiosque à musique et le musée de la Ville. Des représentations sont également prévues samedi et dimanche, à 16 heures, au parc urbain de Sainte-Marie et au parc de la Polyclinique, à l'Anse-Vata.
Tarifs : Spectacles gratuits. Certaines animations du village forain sont payantes, à partir de 100 francs.
Programme : spectacles à partir de 17 heures, avec des représentations dès 16 heures samedi et dimanche dans les autres sites . Le programme complet à retrouver sur le site de la ville de Nouméa. [1]