
Les femmes restent de très loin les premières victimes des homicides au sein du couple. En 2025, 111 femmes et 25 hommes ont été tués en France et dans les collectivités d’outre-mer, selon l’étude annuelle de la Délégation aux victimes du ministère de l’Intérieur, publiée le 13 octobre. Soit 136 décès, deux de moins qu’en 2024. Les femmes représentent 82 % des victimes.
En Nouvelle-Calédonie, deux décès sont à déplorer, contre un l’année précédente et deux en 2023. Les deux victimes de 2025 étaient des femmes. Dans le reste du Pacifique français, la Polynésie compte une victime et Wallis-et-Futuna aucune.
Le ministère établit le taux à 0,625 mort pour 100 000 habitants en Nouvelle-Calédonie, contre 0,353 en Polynésie et 0,194 à l’échelle nationale. Aucun décès n’ayant été recensé à Wallis-et-Futuna, la Nouvelle-Calédonie affiche donc le taux le plus élevé des trois collectivités françaises du Pacifique.
Une comparaison à manier toutefois avec précaution. Avec deux victimes sur une année, un seul décès supplémentaire ou en moins suffit à faire fortement évoluer le taux.
Ces deux décès ne donnent qu’une mesure très partielle des violences commises dans le cadre familial. En Nouvelle-Calédonie, les violences conjugales enregistrées avaient presque doublé entre 2019 et 2023, dans un contexte où la hausse des signalements traduit aussi une meilleure libération de la parole. En 2025, 2 840 victimes de violences intrafamiliales ont été recensées dans le pays, selon le dernier bilan annuel de la délinquance présenté par le haut-commissariat [1]. Les violences conjugales ont néanmoins reculé de 15,82 % par rapport à 2023.
À l’échelle nationale, l’étude publiée cette année rappelle également que les violences précédant le passage à l’acte sont fréquentes : 37 % des femmes tuées en 2025 avaient déjà subi des violences de leur conjoint ou ex-conjoint. Parmi elles, 61 % avaient auparavant signalé les faits aux forces de l’ordre.
La question du suivi de ces violences pourrait évoluer dans les prochains mois. Annoncé pour 2026 [2], l’observatoire des violences conjugales n’a, à ce jour, pas été officiellement installé. Mais le sujet est désormais aussi sur la table du Parlement : une proposition de loi contre les violences sexuelles et sexistes, adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 13 octobre, prévoit la création en Nouvelle-Calédonie d’un Observatoire territorial des violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales. Il serait notamment chargé de rassembler et d’analyser des données aujourd’hui dispersées entre justice, forces de l’ordre, santé et associations. Le texte doit encore poursuivre son parcours parlementaire.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/bilan-de-la-delinquance-2025-explosion-des-cambriolages-et-hausse-des-violences-sexuelles
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/societe/vers-un-observatoire-des-violences-conjugales-en-2026
[3] https://www.lnc.nc/user/password
[4] https://www.lnc.nc/user/register
[5] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements