
Les Fidji ont approuvé jeudi 15 octobre une stratégie de sécurité maritime visant à lutter contre la criminalité transnationale, notamment une hausse du trafic de méthamphétamine (drogue de synthèse hautement addictive) et de cocaïne à travers l’océan Pacifique.
Dans ce cadre, l’Australie va fournir aux Fidji des drones militaires marins à énergie solaire capables de rester en mer pendant des mois. Ces petits bateaux sans équipage ainsi que des formations, sont les deux composantes d’un engagement de 600 millions de dollars australiens (44 milliards de francs) pris en septembre envers les pays insulaires du Pacifique pour lutter contre la criminalité organisée en mer, ont indiqué des responsables.
Les petits bateaux appelés drone Blue Bottle doivent leur nom à une petite méduse au venin douloureux qui s’échoue sur les plages australiennes. L’armée australienne utilise ces drones marins fabriqués à Sydney et propulsés par un mât solaire et le vent pour surveiller discrètement sa vaste côte nord.
"Pour le bien de chaque pays de la région, y compris le nôtre, nous devons travailler ensemble pour éradiquer le trafic illicite de drogue", a déclaré à Sydney le ministre australien de l’Industrie de la Défense, Pat Conroy. L’entreprise australienne Ocius exploite la flotte de drones Blue Bottle depuis une base militaire à Darwin, dans le nord de l’Australie, et a inauguré vendredi une usine sur la côte Est à Sydney, alors qu’elle augmente sa production. Les drones destinés aux Fidji seront déployés l’année prochaine, ont indiqué des responsables.
Les pays insulaires du Pacifique peu peuplés peinent à faire des patrouilles sur des millions de kilomètres d’océan Pacifique pour lutter contre les flottes de pêche illégales venues d’Asie et le passage de "narco-sous-marins" déployés depuis l’Amérique du Sud. Par ailleurs, la Chine a intensifié ses efforts pour asseoir son influence dans le Pacifique, où elle ambitionne de contrebalancer la domination traditionnelle des États-Unis et de leur allié australien.