
La multiplication des incendies, aux prémices d’une saison sèche qui s’annonce particulièrement intense, rappelle une réalité aux Calédoniens : il va falloir s’habituer à vivre avec des phénomènes climatiques extrêmes et leurs conséquences. De ce constat découle une question : comment mieux s’y préparer ?
En réunissant, ce samedi 17 octobre, une grande partie des acteurs de la sécurité et de la prévention des risques, le "village de la résilience", installé sous le hangar du Centre d’intervention et de soutien spécialisé Sud (CISS) de Nouméa, avait justement vocation à nourrir cette "culture du risque" chez les Calédoniens. Car en cas de catastrophe, "tout ne peut pas reposer pas sur les pompiers ou les forces de l’ordre", signale Vincent Lepley, chef du service culture du risque et résilience au sein du gouvernement. L’augmentation des risques naturels et technologiques oblige ainsi chacun d’entre nous à prévoir les situations d’urgence et à se préparer au pire.
L’évènement, une première, s’inscrit dans le cadre de la cinquième édition de la Journée nationale de la résilience, une notion pas toujours maîtrisée. "Je ne suis pas sûr de savoir ce que ça signifie", reconnaît Stanley, venu en famille au village, pour permettre à son fils de "découvrir les métiers" de la sécurité. "La résilience, c’est tout simplement la capacité de pouvoir rebondir après une situation exceptionnelle", explique Vincent Lepley.

Crues soudaines, incendie menaçant des habitants, accident industriel… "On veut mettre en avant les bons réflexes à adopter en cas de catastrophe, quelle qu’elle soit", insiste le chef du service culture du risque et résilience. Une pédagogie qui doit conduire la population à comprendre le rôle central qu’elle pourrait jouer cas de situations d’urgence. "La volonté, c’est vraiment de remettre le citoyen au cœur du dispositif pour qu’il puisse agir le temps que les secours arrivent."
Un objectif que partagent les bénévoles d’Alerte, le dispositif déployé par la Croix rouge pour sensibiliser les scolaires aux risques naturels. "La résilience, ça passe d’abord par la préparation, la circulation de l’information et la capacité à rendre les citoyens acteurs", pense Julia Nouard, cheffe du projet Alerte.
Les pouvoirs publics peuvent également compter sur les associations de protection civile, qui représentent souvent un maillon essentiel sur le terrain dans la prise en charge des victimes. Sous le stand de l’Ordre de Malte, Florian Lambert dévoile les plans d’un camp de réfugiés climatiques capable d’accueillir 250 personnes, "de les nourrir et le cas échéant, les loger, les soigner, leur mettre à disposition des douches, des toilettes…"
Outre les catastrophes naturelles ou technologiques, il s’agit également d’apprendre à gérer les urgences vitales quotidiennes. "On sait que, face aux déficits qu’on a en termes de médecins et d’infirmiers, la Nouvelle-Calédonie a besoin que le citoyen puisse connaître les gestes de premiers secours", dit Vincent Lepley. Des ateliers, des stands et des démonstrations étaient organisés tout au long de la journée.