
À la base, je suis boucher, mais étant issu d’une famille d’agriculteurs, j’ai toujours baigné dans ce milieu. Depuis 2001, je suis d’ailleurs associé avec mon frère Stephen au sein de la SCA Best. En 2017, il m’a demandé de venir lui donner un coup de main sur l’exploitation et je me suis pris au jeu. J’ai découvert un métier rempli de défis, exigeant mais passionnant.
La première personne qui me vient à l’esprit est mon père, notre patriarche, qui reste la référence familiale. Je citerais également mon oncle Claude Moglia, fondateur de la ferme laitière de Sarraméa, la seule fromagerie-laiterie locale. Il est un véritable modèle de résilience et de persévérance. Il travaille du lundi au dimanche, avec toujours le même enthousiasme, quelles que soient les difficultés.
Je trouve ce métier tellement fascinant et passionnant que chaque moment est une source de plaisir. Il y a toujours quelque chose à apprendre, à faire, à imaginer ou à construire. Il y a un proverbe qui dit : "On récolte ce que l’on sème." Ce proverbe, je le fais mien.
J’étais boucher et je pense que je serais resté dans ce métier si je n’avais pas choisi l’agriculture. C’est un métier formidable. J’aimais le relationnel, les échanges, le fait de voir des clients réguliers et ainsi créer une vraie confiance au fil du temps.
J’aimerais surtout lui transmettre tout ce que j’ai appris au fil des années, aussi bien de mes réussites que de mes erreurs. Avec le temps, on comprend que ce qui fonctionne chez les uns ne fonctionne pas forcément chez les autres.
Sans aucun doute, la contrainte financière, qui est une réalité pour beaucoup d’agriculteurs. À cela s’ajoutent les aléas du métier et le manque de visibilité. On travaille et on investit aujourd’hui sans savoir ce que seront les conditions et les revenus de demain.
Ma plus grande fierté est de travailler avec mon frère. Ce n’est pas toujours facile de mélanger la famille et le travail, mais nous avons réussi à garder cette complicité et les valeurs que nos parents nous ont transmises.
Au fond, si je devais vraiment parler d’un rêve, ce serait peut-être simplement de pouvoir continuer comme ça le plus longtemps possible, avec la même passion et la même envie. Je crois que je vis déjà mon rêve le plus fou.
La CAP-NC m’est surtout utile pour les échanges, les informations et l’accompagnement dans mon parcours. Même si je ne bénéficie pas directement d’un appui technique, c’est important de savoir qu’il y a une structure présente pour les agriculteurs.
Mon outil le plus précieux n’est pas une machine, mais mon carnet de poche. Je l’ai toujours avec moi pour noter des remarques et ce que j’observe sur mes cultures quotidiennement. C’est une véritable mémoire du terrain, qui m’aide à suivre leur évolution et à mieux comprendre mon travail.
J’aimerais pouvoir échanger sur mon métier avec Jean-Pierre Aïfa, avec lequel j’ai eu la chance de travailler, notamment autour de la mise en place de courses régulières et du PMU. Ce qui m’a particulièrement marqué chez lui, c’est sa capacité à imaginer et à faire aboutir des projets à la fois constructifs, innovants et ancrés dans la réalité calédonienne.