
Celles et ceux qui se rendent en France hexagonale lors des prochaines vacances et qui espèrent voyager à bord du tout nouvel airbus A350-900 de la compagnie Aircalin (dont la livraison sur le Caillou est attendue en décembre), risquent d’être déçus.
Lors de sa séance hebdomadaire du lundi 19 octobre, le gouvernement a approuvé le programme d’exploitation de la compagnie à l’hibiscus, apportant certains éclairages sur les modalités d’arrivée de ce nouvel appareil, qui viendra s’ajouter à la flotte des deux A320 et deux A330 neo, que compte actuellement Aircalin. Et ce, sachant qu’un deuxième A350 est également prévu à l’horizon 2028.
Pour autant, ces avions flambant neufs ne seront pas immédiatement opérationnels pour assurer les vols long-courriers, et notamment la liaison Nouméa-Paris via Bangkok, qui est la principale raison du renouvellement de la flotte. L’appareil sera d’abord utilisé sur des destinations régionales comme Sydney, Brisbane et Auckland, indique l’exécutif. "Une fois cette période de prise en main achevée, l’A350 pourra être progressivement engagé sur les liaisons long-courriers […], en premier lieu la desserte de Paris via Bangkok."
Le document du gouvernement vient ainsi étayer les propos du directeur régional France-Europe-Amériques de la compagnie, qui dès le mois d’août, avait annoncé un calendrier plus précis, lors d’un entretien accordé à notre partenaire Outremers360 [1]. "On n’a pas encore la date précise (de l’arrivée à La Tontouta N.D.L.R), mais ce sera pour le mois de décembre. Et après le vol inaugural entre Paris et Nouméa, on va d’abord opérer cet avion entre Nouméa et les territoires proches, australiens et néo-zélandais notamment, expliquait Emmanuel Oswald. On attend ensuite une mise en ligne régulière entre Paris et Nouméa à partir du printemps 2027. On vise le mois d’avril, parce qu’il faut que les équipages s’entraînent sur l’avion : il y a des qualifications à faire."
Cette échéance n’est pas forcément synonyme de bonne nouvelle pour les passagers, puisque depuis quelques mois, les A330 neo, qui assurent actuellement les liaisons vers Singapour et vers Paris, connaissent une série noire de pannes et d’aléas techniques, qui ont valu à des milliers de clients de rester cloués au sol, tant dans l’Hexagone, qu’en Asie et sur le Caillou.
Face à ces annulations de vols long-courriers en cascade, l’association de défense des consommateurs Que choisir ensemble (anciennement UFC-Que choisir) a même adressé, mardi 13 octobre, un courrier au président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, pour solliciter l’ouverture d’une "enquête indépendante" [3] visant à faire la lumière sur ces incidents techniques qui se multiplient, entraînant l’exaspération croissante des passagers.
Que choisir ensemble n’hésite pas pointer le rôle joué par l’ouverture en urgence de la ligne vers Paris, fin 2024 [4] pour surmonter la crise, sans attendre la livraison des deux nouveaux appareils A350. Des accusations qu’Aircalin avait déjà balayées d’un revers de main, expliquant aux Nouvelles calédoniennes que l’airbus A330 neo est "utilisé par de nombreuses compagnies internationales sur des routes et des distances comparables aux nôtres"*.
Comment expliquer les incidents techniques qui touchent actuellement Aircalin ? [5]
Toujours est-il, la flotte d’Aircalin devrait augmenter d’ici la fin de l’année, passant de quatre à cinq avions, dont trois gros-porteurs. Et ce, de manière durable puisqu’à l’arrivée du second A350, Aircalin ne revendra qu’un seul de ses deux A330 neo. De quoi apporter davantage de fiabilité et de souplesse dans la desserte aérienne et donc dans la gestion des aléas techniques.
Mais d’ici-là et pour pallier les pannes en série, le gouvernement annonce que la compagnie "projette également d’affréter un A330 d’une compagnie aérienne européenne pendant la période des vacances scolaires calédoniennes, afin de sécuriser l’exploitation long-courrier."
* C’est notamment le cas de compagnies comme TAP Air Portugal entre Lisbonne et Porto et l’Amérique du Nord et du Sud ; comme Delta Air Lines, pour des vols transatlantiques et transpacifiques longue distance (de Seattle vers Taipei ou Shanghai, ou de New York vers l’Afrique de l’ouest) : ou encore comme Ita airways, entre Rome à l’Asie et à l’Amérique.
Links
[1] https://www.outremers360.com/
[2] https://www.lnc.nc/article/aerien-l-a350-900-ouvre-des-possibilites-d-expansion-pour-aircalin
[3] https://www.lnc.nc/article/aircalin-que-choisir-ensemble-demande-un-audit-sur-les-pannes-a-repetition
[4] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/transports/on-arrive-a-operer-un-extra-long-courrier-a-des-prix-hyper-competitifs
[5] https://www.lnc.nc/article/comment-expliquer-les-incidents-techniques-qui-touchent-actuellement-aircalin
[6] https://www.lnc.nc/user/password
[7] https://www.lnc.nc/user/register
[8] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements