
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a appelé dans un discours à des mesures plus strictes contre l’utilisation de prête-noms thaïlandais pour contourner l’interdiction faite aux non-Thaïlandais de posséder des terres.
Le gouvernement a identifié 2 360 parcelles d’une valeur de 372 millions d’euros (44 milliards de francs), détenues par l’intermédiaire de 1 397 prête-noms, selon Somchai Leelanoi, directeur de l’agence gouvernementale chargée des biens fonciers (Department of Lands). Ces parcelles couvrent une superficie totale d’environ 875 hectares à travers le pays.
"L’agence accélérera la vente forcée des terrains dans les cas jugés illégaux et engagera des poursuites judiciaires civiles et pénales", a précisé le gouvernement dans un communiqué.
Le tourisme a représenté 12,6 % du produit intérieur brut de la Thaïlande l’an dernier et devrait atteindre près de 20 % d’ici 2036, selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC).
Le secteur fait l’objet d’une surveillance accrue de la part de la population. Des manifestations ont eu lieu ces derniers mois pour dénoncer le comportement de certains touristes, ainsi que de préoccupations concernant l’achat de biens immobiliers par des étrangers dans certaines zones très prisées, notamment Phuket.
La Thaïlande a ainsi adopté fin août de nouvelles règles pour les procédures d’expulsion [1], promettant une "tolérance zéro" pour les étrangers enfreignant les lois locales.
La loi thaïlandaise interdit aux ressortissants étrangers ou aux entreprises étrangères de posséder des terres dans le royaume, sauf ceux qui disposent d’une autorisation préalable du Bureau des investissements du pays.
"Cette enquête ne doit pas s’arrêter aux seuls noms inscrits sur les titres de propriété ou aux actionnaires des sociétés, elle doit aller plus loin pour identifier les véritables figures de contrôle, les décideurs en coulisses et les bénéficiaires effectifs ultimes", a déclaré le Premier ministre.
"La Thaïlande reste ouverte et accueillante à l’égard des investissements étrangers honnêtes et transparents qui respectent la loi thaïlandaise et se conforment aux droits accordés dans le cadre des réglementations de promotion des investissements", a-t-il ajouté.