
"Une découverte inédite", "une avancée majeure". Dans un communiqué, ce mercredi 21 octobre, la province Sud se réjouit de la capture d’une petite chauve-souris endémique, le nyctophile néo-calédonien, classée en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui a été détecté "pour la première fois" ce mois-ci, dans les basses vallées du parc provincial de la rivière Bleue.
Car ce mammifère, protégé par le code l’environnement, est "le plus rare, le plus énigmatique et le plus menacé" des cinq espèces de chauves-souris insectivores présentes en Nouvelle-Calédonie. Le nyctophile néo-calédonien a seulement été décrit en 2002, à la suite de captures près des monts Koghis et dans la vallée de la Ni, puis n’avait plus été aperçu pendant près de vingt ans, jusqu’à une capture réalisée en 2021 dans les hauteurs de la réserve de la Haute Dumbéa.
Cette découverte n’est pas non plus le fruit du hasard. Elle résulte d’un travail de prospection mené pendant deux ans par trois bénévoles passionnés de chauves-souris, Mélanie Boissenin, Damien Brouste et Thomas Duval, soutenus par Nature Novae Caledoniae [1], une association créée en 2025. Les naturalistes ont dû déployer des moyens particulièrement poussés afin de parvenir à détecter cet animal qui ne se laisse pas facilement repérer. "Des enregistreurs équipés de microphones à ultrasons, capables de capter et de visualiser les signaux acoustiques émis par les chauves-souris, et des tentatives de capture au filet", explique la province Sud. L’intérêt de cette observation réside aussi dans sa localisation, qui est "relativement accessible".
Les nyctophiles constituent une espèce de chauves-souris à part. Contrairement à la plupart de leurs congénères, ils ne s’emparent pas de leurs proies en vol. "Ils sont considérés comme des 'glaneurs', repèrent leurs proies posées sur l’écorce, la végétation ou le sol, puis les saisissent lors d’un vol lent." Leurs grandes oreilles leur permettant notamment de les écouter et de les détecter directement. Leur autre particularité, pour laquelle ils sont aussi parfois qualifiées de "chuchoteurs", réside dans le fait que leurs émissions ultrasonores sont extrêmement discrètes. D’où la difficulté de les repérer.
Cette trouvaille va ouvrir la possibilité d’effectuer des recherches sur ce mammifère et ainsi mieux connaître la biodiversité calédonienne. Beaucoup de données restent inconnues, comme le nombre d’individus présents en Nouvelle-Calédonie, leur répartition sur le territoire, les endroits où se situe leur gîte de repos en journée, ou encore les menaces qui pèsent sur ces petites chauves-souris.