
Après les violences faites aux femmes en novembre 2025, la deuxième édition de l’Observatoire des violences intrafamiliales se concentre cette année sur les violences sexuelles, avec une attention particulière portée aux enfants. "Un sujet sensible et tabu", a souligné la vice-présidente et ministre des Solidarités, Minarii Galenon, lors d’une conférence de presse le mardi 27 octobre. Prévu le 19 novembre à la présidence, cet observatoire présentera les chiffres collectés conjointement par la justice et le pays depuis un an.
Un an après le premier observatoire, le constat de la justice est alarmant : les violences faites aux femmes dans le cadre intrafamilial progressent, avec 15 % de plaintes en plus en correctionnelle. Mais pour Gwenola Joly-Coz, première présidente de la cour d’appel de Papeete, "c’est peut-être que les femmes ont davantage parlé".
Les violences sexuelles pèsent lourd dans ces chiffres. Les viols représentent 80 % des affaires jugées aux assises. Et les mineurs sont touchés de façon "dramatique" : une fois sur deux, le violeur est le père de l’enfant. "Ça veut dire que les petites filles ne sont pas à l’abri dans leur famille, dans leur chambre, et que c’est un membre proche qui est agresseur."
Le 19 novembre, le pays doit également présenter ses actions en faveur de la protection de l’enfance. Parmi celles-ci, un centre d’accueil pour mineurs en danger, qui porte le nom d’Ayden, 7 ans, morte en mai 2025 sous les coups du couple qui l’accueillait. Près d’un an et demi après, Minarii Galenon dit avoir "réalisé combien la prise en charge en cas d’urgence d’un enfant en danger est compliquée".
La vice-présidente explique s’appuyer aujourd’hui sur des tiers dignes de confiance ou sur les confessions religieuses pour trouver des familles où mettre les enfants en sécurité. D’où cette décision, prise l’an dernier et déjà annoncée, "de construire le foyer, un édifice pour 50 enfants de 3 à 12 ans, dont 10 places en accueil d’urgence". Les travaux doivent démarrer au second semestre 2027, après la pose de la première pierre en décembre.
Ces annonces interviennent alors que l’action du gouvernement est scrutée depuis la mort d’Ayden. L’exécutif avait alors reconnu des "failles" et promis des mesures pour que ces drames ne se reproduisent pas : renforts dans les services sociaux, contrôles accrus, évolution du statut de tiers digne de confiance, Assises de l’enfance. Ces dernières, après avoir été annoncées en septembre, sont désormais programmées à la mi-décembre.
Si certaines avancées, comme la formation cette année de 62 travailleurs sociaux à la prise en charge des enfants et des femmes victimes de violences, sont confirmées, d’autres chantiers traînent encore. En mai, Minarii Galenon indiquait notamment que rien n’avait été décidé sur le statut de tiers digne de confiance, dans l’attente de la tenue des Assises.
L’aide sociale à l’enfance suit 2 781 mineurs, dont 973 ont été retirés à leur famille. L’observatoire 2026 doit conduire, sur le papier, à une nouvelle organisation de l’accompagnement de ces enfants en danger dès l’an prochain, avec la promesse de postes supplémentaires. Reste à voir si cela se traduira en actes.