
Il y a dans la candidature de Lomano Takasi quelque chose qui dépasse la simple compétition. Originaire de Futuna, le skipper de 35 ans n’est pas seulement là pour boucler une transatlantique, mais pour montrer un territoire et une tradition. "Je trouve ça dommage que le Pacifique ne soit pas plus présent dans ce genre de compétitions internationales. En Polynésie, on est quand même un peuple de grands navigateurs. Aujourd’hui, je suis très fier de pouvoir la représenter à la Route du Rhum."
Son projet, Lomano Takasi le murit depuis deux ans. Et la saison 2026 a entièrement été structurée autour de l’échéance du 1er novembre : la Drheam Cup, la 40' Malouine, des sorties en Manche pour accumuler les milles et tester le bateau dans des conditions variées.
Lomano Takasi vit désormais près de Saint-Malo, ce qui lui a permis de s’entraîner régulièrement dans les eaux bretonnes. Mais son ancrage reste profondément dans le Pacifique. Sur son bateau flottera le drapeau de son archipel, une première dans l’histoire de la Route du Rhum. "Je vais essayer de porter haut les couleurs de Wallis-et-Futuna et plus largement celles du Pacifique."
Sur ses ambitions de classement, le skipper est lucide. "J’ai envie de dire comme tout le monde : finir. Voir la Guadeloupe déjà. Et de deux, évidemment, essayer de faire le mieux possible en termes de classement. Si je peux faire un top 20, c’est ce que je me suis fixé, ce sera parfait."
Un top 20 en Class 40, la catégorie la plus fournie de la course avec 49 bateaux, n’a rien d’évident pour une première participation. Mais Lomano Takasi a de l’expérience sur l’Atlantique, et il a travaillé sa préparation mentale autant que technique. Sur les conditions qu’il redoute, sa réponse est identique à celle de ses homologues : "Les conditions météo des premiers jours peuvent être tendues. Ce sont ces quelques jours-là qui sont à passer. Et après, souvent, on peut se détendre un peu plus."
Avant le départ, l’état d’esprit de Lomano Takasi est celui d’un homme qui mesure ce qu’il s’apprête à vivre. "C’est un mélange d’excitation, d’impatience. En même temps, j’ai envie de profiter de chaque instant." Il partage une envie forte. Celle de franchir une ligne que personne avant lui, depuis son île, n’avait franchie. Celle d’une traversée qui, quelle qu’en soit l’issue, ouvrira peut-être la voie à d’autres navigateurs du Pacifique.
Le 1er novembre, quand les 118 skippers quitteront Saint-Malo, l’un d’eux naviguera avec Futuna et le Pacifique dans son sillage.