
La récompense avait été attribuée fin novembre, en Martinique, et remise à Morgane Viviant [1], coordinatrice du pôle marin de l’Agence néo-calédonienne de la biodiversité (ANCB). Vendredi 6 février, l’équipe de la commune de Poum a eu droit, elle aussi, à sa cérémonie. Gérard Péhaut, commissaire délégué de la République pour la province Nord, a officiellement décerné à la commune la Palme Ifrecor 2025, pour la réalisation de son Atlas de la biodiversité.
Porté par l’équipe communale et le botaniste bénévole Dominique Fleurot, avec la participation d’associations (Société calédonienne d’ornithologie, Gardien des îles, Endémia…), de scientifiques et des coutumiers, ce travail de recherches mené pendant deux ans (2023-2024) a abouti à la publication d’un ouvrage de 200 pages, qui met en valeur la richesse exceptionnelle de la biodiversité de la commune et ses environs.
Il contient pas moins de 26 000 observations naturalistes. Les recherches ont, d’autre part, permis de découvrir des dizaines de nouvelles espèces, désormais répertoriées. "Pour les seuls nudibranches, 262 espèces dont 45 nouvelles pour la Nouvelle-Calédonie ont également été inventoriées", fait valoir le haut-commissariat. Des espèces emblématiques, comme les tortues marines et le dugong, ont été identifiées, et la cartographie fine des habitats côtiers, 250 hectares de mangroves et 150 hectares d’herbiers, "a renforcé la précision des données disponibles".

Co-financé à hauteur de 2,5 millions de francs dans le cadre d’un appel à projets de l’Office français de la biodiversité, l’Atlas de la biodiversité communale de Poum s’accompagne d’un lexique sur la nature en langues vernaculaires et en français, "qui facilite la transmission de connaissances et d’usages traditionnels". Il représente ainsi "un outil de sensibilisation et d’aide à la décision pour préserver la faune et la flore", juge le haut-commissariat, dans un territoire déjà affecté par les effets du changement climatique, et qui dispose d’écosystèmes particulièrement fragiles.
Lancé en 2011, ce concours récompense les initiatives, les actions et les politiques exemplaires menées pour préserver et gérer durablement les récifs coralliens, mangroves et herbiers marins.
Mis en œuvre successivement par le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (de 2011 à 2018), puis par l’association des éco-maires (de 2019 à 2024), ce prix a mis à l’honneur la Nouvelle-Calédonie à plusieurs reprises :
Créée en 1999 sur décision du Premier ministre, l’initiative pour les récifs coralliens (Ifrecor) agit pour la préservation et la gestion durable des récifs coralliens et des écosystèmes associés des collectivités françaises d’outre-mer. Elle est pilotée par un comité national placé auprès des ministères de la Transition écologique et des Outre-mer, Réseaux de surveillance, restauration récifale, listes rouges d’espèces et d’écosystèmes, outils de calcul de compensation, cartographie, etc., ce dernier établit un programme d’action sur 5 ans, décliné par des comités locaux dans chaque collectivité. L’lfrecor diffuse également les connaissances scientifiques, techniques et technologiques françaises.