
"Je trouve que la ville ne va pas bien", pose d’emblée Philippe Dunoyer, assis aux côtés de Veylma Falaeo, lors de l’annonce de leur candidature aux municipales de Nouméa, dimanche 15 février, à Magenta. "La ville est déséquilibrée dans son organisation et ses équipements, il y a une inégalité d’accès, poursuit la tête de la liste "Nouméa, l’après". Or, il faut garantir un accès égal aux services publics, aux structures sportives et culturelles." De fait, la réduction du réseau de transport et l’augmentation des prix "constituent un problème", insiste celui qui a été le troisième adjoint de Sonia Lagarde entre 2014 et son élection en tant que député en 2017. Certes, ce sont des sujets qui coûtent, ajoute Philippe Dunoyer. La question qu’il convient de se poser est donc : "Quels sont les besoins essentiels ? L’enjeu repose, notamment, sur une meilleure optimisation du budget, qui s’élève tout de même à 25 milliards de francs. Il faut dégager des priorités." La difficulté pour se déplacer en est une. "Nouméa est entourée d’eau et ne dispose même pas d’une navette maritime. Notre programme prévoit un projet de ce genre, afin de répondre en partie à la question des transports."
Autre critique : le manque de proximité entre l’exécutif et la population. Une des priorités de "Nouméa, l’après" repose ainsi sur la volonté de recréer du lien entre les administrés et les élus, dans une commune jugée "déconnectée". "Il y a des poches de misère et de précarité dans certains quartiers. Ce n’est pas dû à la mairie, mais il y a davantage d’actions à mener pour améliorer la situation", considère Philippe Dunoyer.
Ce dernier regrette par ailleurs une absence de développement. "Nouméa a perdu 15 % de sa population en douze ans", argue-t-il. Une tendance se traduisant notamment par "un taux de liquidations important" dans un centre-ville "qui se meurt". Une des explications serait liée à la circulation. "On envisage d’aménager des espaces de parking à la verticale et de piétonniser une partie du centre-ville, afin de le rendre plus attrayant et d’inciter les commerçants à rester ou à revenir grâce à des outils fiscaux." L’ambition est de faire en sorte que la capitale retrouve "sa dynamique d’avant" à tous les niveaux – économique, culturel et environnemental – et redevienne "un pôle d’attractivité".
Ces projets sont portés par une liste "d’ouverture", insiste Philippe Dunoyer, pourtant membre de Calédonie ensemble, tandis que sa colistière, Veylma Falaeo, présidente du Congrès, est élue Éveil océanien. "Nouméa, l’après n’a pas de logo partisan." Cette union, comme dans d’autres communes, concrétise celle actée au Congrès en décembre, les élus des deux partis ayant décidé de se réunir au sein d’un Intergroupe [1]. "Nous représentons une voie médiane, celle qui réunit les Calédoniens qui veulent aller de l’avant après mai 2024. Il y a beaucoup de radicalité sur l’échiquier politique. Nous proposons un autre chemin hérité des accords." Si la liste n’est pas encore définitivement arrêtée, Olivier Thupako, riche d’un long parcours dans l’administration, en est une des figures mises en avant.