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Le Congrès adopte un budget 2026 "de responsabilité", construit autour du soutien financier de l’État
Baptiste Gouret | Crée le 19.02.2026 à 19h05 | Mis à jour le 19.02.2026 à 19h13

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Le président du gouvernement, Alcide Ponga, entouré de Gilbert Tyuineon, membre en charge des transports, et Christopher Gygès, chargé du budget, lors de l’examen du budget primitif 2026, au Congrès jeudi 19 février. Photo Baptiste Gouret
Au terme d’une longue journée d’examen, les élus ont adopté, jeudi 19 février, le budget primitif 2026 proposé par le gouvernement. La suspension du remboursement des prêts et le versement d’une subvention de 7,2 milliards obtenus auprès de l’État lors des discussions parisiennes de janvier sont pour beaucoup dans l’équilibre retrouvé des finances publiques calédoniennes. Explications.

Un an après l’adoption de justesse du budget 2025, au terme d’une séance particulièrement chaotique [1], l’exécutif a voulu montrer qu’il avait retenu la leçon. "On a souhaité adopter une nouvelle méthode de concertation avec les élus et collectivités, ce qui nous a conduits à travailler, malgré les divergences, avec les uns et les autres", a introduit Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge du budget, jeudi 19 février, lors de l’examen du budget primitif 2026 au Congrès.

Un pari gagnant. La séance avait à peine débuté que l’ensemble des groupes politiques ont salué la formule "collective" choisie par le 18e gouvernement pour construire ce qui devrait être le dernier budget de la mandature. 

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C’était pourtant loin d’être acquis. En janvier, le gouvernement avait été contraint de déposer sur le bureau du Congrès un projet intenable. "Nous nous étions opposés à la première version de ce budget, a rappelé Milakulo Tukumuli (Intergroupe Éveil océanien-Calédonie ensemble). Il ne permettait pas, par manque de recettes, de tenir jusqu’à décembre." "Il était clairement invotable en l’état", a abondé son collègue Philippe Dunoyer. Entre-temps, un épisode parisien a rebattu les cartes et offert une nouvelle visibilité [3] aux finances de la Nouvelle-Calédonie. Le pacte de refondation économique, conclu entre l’État et les délégations politiques calédoniennes le 19 janvier à Oudinot, assure un équilibre des comptes publics pour les deux prochaines années.

Un "contrat de désendettement" providentiel

Environ 15 milliards de francs ont été obtenus à Paris fin janvier. Près de la moitié (7,16 milliards de francs) prendra la forme d’une subvention fléchée vers les comptes sociaux et le système électrique. Le versement des retraites et l’équilibre du Ruamm sont donc garantis en 2026 et 2027. "Les Calédoniens devraient être rassurés", a noté Christopher Gygès. Le financement des comptes sociaux sera complété par un nouvel emprunt de 8,4 milliards de francs contracté par la Nouvelle-Calédonie.

Le soutien de l’État repose également sur deux "années blanches" en 2026-2027 : la Nouvelle-Calédonie n’aura pas à rembourser les prêts contractés pour faire face aux crises Covid et émeutes. Cela représente 7,8 milliards de francs d’économies pour la seule année 2026. Enfin, 1,2 milliard de francs sera versé par l’État sous forme de dotation pour les "dépenses sociales de proximité". À ce stade, les modalités d’attribution et d’affectation de cette somme ne sont pas encore définies, fait savoir le gouvernement. Reste que ces différentes enveloppes lui ont donné l’occasion d’abonder certains postes budgétaires.

Ainsi, le budget de l’apprentissage sera en hausse "de 25 % par rapport à 2025", a indiqué Christopher Gygès, tandis qu’un soutien supplémentaire à la jeunesse, à travers l’augmentation des dotations aux ligues sportives, a été inscrit. Les opérations d’investissement, elles, vont s’élever à 9,1 milliards de francs, soit 36 % de plus qu’en 2025 et 55 % de plus qu’en 2024, en tablant notamment sur une hausse des recettes fiscales de 7 % en 2026.

Des réformes attendues

Plus globalement, le contrat de désendettement qui doit prochainement être conclu entre l’État et la Nouvelle-Calédonie devrait offrir de véritables perspectives de relance à moyen terme pour le pays, englué depuis des années dans le remboursement d’une dette devenue insupportable. Depuis 2019, le territoire a emprunté 170 milliards de francs. Le contrat de désendettement vise à lui faire économiser "entre 10 et 12 milliards de francs" par an, a fait remarquer Philippe Dunoyer. Un "long travail" reste à mener par la mission interministérielle dirigée par Claire Durrieu, chargée d’élaborer ce contrat. "Mais il faut qu’on le poursuive jusqu’au bout, c’est uniquement ça qui permettra à la Nouvelle-Calédonie d’être libéré d’un poids", a poursuivi l’élu de Calédonie ensemble.

Elle devra toutefois, à terme, se dégager d’un autre fardeau, ont convenu les élus : sa dépendance aux finances hexagonales. "La trajectoire que nous devons réussir à construire, c’est de ne plus avoir besoin du soutien de l’État et de retrouver une autonomie budgétaire", a enjoint Christopher Gygès. Pour y parvenir, une série de réformes sera nécessaire, notamment sur le financement des comptes sociaux. "C’est essentiel, martèle Milakulo Tukumuli. Nous disposons d’une solution temporaire pour 2026, mais il faut impérativement réformer la Nouvelle-Calédonie dans sa globalité."

L’UC-FLNKS s’abstient

Pas sûr que les échéances électorales prévues cette année aident à la quête d’un consensus des formations autour de réformes politiquement inflammables, telle que celle du Ruamm. "Ça va être extrêmement difficile, admet le président de l’Éveil océanien, lui-même candidat aux élections municipales à Païta. Mais j’en appelle aux élus : on ne fait pas de la politique pour être réélu, mais pour remettre le pays en ordre de marche."

Le budget primitif 2026 a été adopté en début de soirée à 33 voix pour. Les 10 élus du groupe UC-FLNKS et Nationalistes présents se sont abstenus. "C’est une victoire pour la Nouvelle-Calédonie", a réagi Christopher Gygès au terme de la séance, évoquant un "budget de responsabilité". "Les débats ont été respectueux, et ça montre qu’on est en capacité d’avancer ensemble sur ce territoire."

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