
L’avant-projet de loi de pays adopté par l’exécutif en séance collégiale mercredi 18 février vise à faire évoluer le statut des praticiens hospitaliers (médecin, chirurgien, pharmacien ou chirurgien-dentiste exerçant au sein d’un établissement public de santé, NDLR), "en discussion depuis de longs mois", indique Christopher Gygès, porte-parole.
Le texte concerne deux principales mesures. Les professionnels de santé sont actuellement recrutés par le gouvernement, "ce qui fait que la gestion des embauches et des carrières est très complexe. C’est très long de recruter quelqu’un et de le faire évoluer", explique le membre du gouvernement. Le texte permet que la gestion des nominations et des carrières soit assurée par les hôpitaux. "Cela donne de la flexibilité, ce sera plus simple pour les hôpitaux, qui sont tout à fait à même de s’occuper de leur personnel. À terme, on souhaite aussi modifier la durée du temps de travail, afin d’en améliorer les conditions."
La deuxième mesure autorise les praticiens hospitaliers à exercer en libéral, ce qui n’est pas possible actuellement, contrairement à l’Hexagone, par exemple. "C’est une demande forte, afin de faire des compléments de rémunération par rapport à leur activité." Le nouveau statut leur permettra. L’avant-projet de loi de pays, voté à l’unanimité par les membres du gouvernement mercredi 18 février, doit maintenant être validé par le Conseil d’État, avant d’être examiné par le Congrès.
Le gouvernement annonce la tenue d’un Ségur de la santé calédonien [1]
Cette réforme devrait être suivie d’autres dans le secteur de la santé. Il est notamment question, depuis plusieurs mois, de l’instauration d’une bonification d’ancienneté et d’une prime de stabilité pour les personnels paramédicaux et les cadres de santé. Le texte, prêt, n’est pas encore passé au Congrès. "On ne va pas s’arrêter là", rappelle Christopher Gygès, puisque l’exécutif lance un Ségur de la santé calédonien, dont l’objectif est de structurer le système de soins, censé se tenir en avril.