
L’action a perdu 23,68 % pour finir à 46,10 euros, jeudi 19 février, à la Bourse de Paris. L’entreprise, qui produit du manganèse, des sables minéralisés ou du lithium, avait annoncé la veille, lors de la présentation de ses résultats, vouloir renforcer ses fonds propres "à hauteur d’environ 500 millions d’euros en 2026" (60 milliards de francs). Le principe de cette recapitalisation a été "convenu" avec ses "actionnaires de référence", à savoir la famille industrielle Duval (37 % du capital) et l’État (27 %).
Eramet appelle ses actionnaires à la rescousse après une année 2025 très difficile [1]
Or, si cette opération peut être vue "positivement face à une dette trop élevée", elle "pourrait être fortement dilutive pour les actionnaires existants", estiment les analystes d’Oddo BhF dans une note. Si une entreprise émet davantage d’actions, les actions préexistantes peuvent perdre de leur valeur.
Eramet, qui compte plus de 10 000 salariés dans 16 pays, a précisé que les modalités de cette recapitalisation "seront précisées à l’approche de l’opération", qui devra être validée en assemblée générale, dont la date n’est pas encore connue.
Côté résultats, le groupe a subi une perte nette de 477 millions d’euros en 2025 (57 milliards de francs). Cela s’explique notamment par une dépréciation d’actifs de son activité d’extraction de sables minéralisés, en raison de la "baisse des perspectives de prix long terme sur ce marché".
En outre, l’entreprise pâtit de la faiblesse du dollar et d’un effet prix défavorable à hauteur de 193 millions d’euros (23 milliards de francs), notamment sur le marché du manganèse, utilisé dans la fabrication d’alliages.
Son "bénéfice d’exploitation ajusté" est par ailleurs ressorti "inférieur à nos attentes", tout comme "les objectifs de production 2026", relèvent les analystes d’Oddo BhF.