- AFP | Crée le 19.02.2026 à 08h08 | Mis à jour le 19.02.2026 à 08h08ImprimerLe groupe minier français Eramet prévoit une recapitalisation en 2026 afin de renforcer son bilan, après une année 2025 marquée par une lourde perte nette. AFP - Emmanuel DunandAprès une perte nette de 477 millions d’euros (57 milliards de francs) en 2025 et dans un contexte de turbulences au sein de sa direction, le groupe minier français Eramet a annoncé prévoir une recapitalisation d’environ 500 millions d’euros (60 milliards de francs) en 2026, avec l’accord de ses actionnaires de référence, afin de renforcer son bilan et préparer l’avenir.
Le groupe minier français Eramet, qui a subi une perte nette de 477 millions d’euros (57 milliards de francs) en 2025 et connu des turbulences dans ses équipes dirigeantes, prévoit de se recapitaliser dans le courant de l’année 2026, pour "renforcer" son bilan et "préparer l’avenir".
L’année précédente, le groupe avait enregistré un petit bénéfice de 14 millions d’euros (1,7 milliard de francs), mais il a annoncé mercredi 18 février avoir basculé dans le rouge en 2025, du fait de plusieurs facteurs concomitants, prix bas des matériaux produits et dollar bas notamment.
"Notre performance opérationnelle n’a pas été partout à la hauteur de nos objectifs", a commenté Christel Bories, présidente du conseil d’administration mais également, depuis quelques semaines, directrice générale par intérim. Celle qui a été PDG du groupe pendant près d’une décennie a accepté de reprendre temporairement la direction générale du groupe après le départ surprise de Paulo Castellari début février. Le Brésilo-Italien de 55 ans, passé par le géant britannique Anglo American, avait pris ses fonctions quelques mois plus tôt, en mai.
Le groupe a annoncé quelques jours plus tard que son directeur financier, arrivé en septembre, Abel Martins-Alexandre, était "dispensé temporairement d’activité", après des signalements concernant le management dans la direction financière. Christel Bories a redit mercredi que les deux événements n’étaient pas liés, et assuré que les "potentiels problèmes d’ordre financiers ou éthiques" évoqués par certains médias étaient des "rumeurs infondées".
Début février, le Financial Times avait indiqué sur la foi de sources anonymes que Paulo Castellari avait fait part au conseil d’administration de "préoccupations sur la gouvernance et sur une potentielle mauvaise gestion financière", au moment où son renvoi lui avait été notifié.
Accord des actionnaires de référence
L’entreprise, qui produit du manganèse, du nickel, des sables minéralisés et du lithium, a annoncé mercredi vouloir renforcer ses fonds propres "à hauteur d’environ 500 millions d’euros en 2026", soit 60 milliards de francs. Ce, via une recapitalisation dont le principe a été "convenu" avec ses actionnaires de référence. Ses principaux actionnaires sont la famille industrielle Duval (37 % du capital) et l’État (27 %). Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Économie a indiqué que "ces questions font pour l’instant l’objet de discussions approfondies qui se poursuivent pour évaluer les options les plus adaptées".
Eramet, qui compte plus de 10 000 salariés dans seize pays d’implantation, précise dans son communiqué que les modalités de cette recapitalisation "seraient précisées à l’approche de l’opération", qui devra être validé lors d’une assemblée générale, dont la date n’est pas encore connue. "C’est un acte fort et un engagement de nos actionnaires pour traverser le bas de cycle" dans lequel se trouve l’entreprise, "et tirer le plein potentiel de ses actifs", a déclaré mercredi soir Christel Bories.
Pour renforcer son bilan, l’entreprise prévoit aussi une "revue stratégique d’actifs" prévoyant la recherche de partenaires susceptibles de les "monétiser", a expliqué Christel Bories. Différentes mesures d’amélioration des performances, présentées début décembre, sont également prévues.
La SLN en difficulté
Le chiffre d’affaires ajusté du groupe, qui exclut la majeure partie des activités de la Société Le Nickel (SLN) depuis que l’État finance "intégralement" cette ancienne filiale en difficulté en Nouvelle-Calédonie, mais inclut les revenus de la part minoritaire dans Weda Bay en Indonésie, s’est élevé à 3,2 milliards d’euros (-6,6 %), soit 382 milliards de francs. Il avait déjà reculé de 7 % l’année précédente. Les résultats de l’année s’expliquent par une dépréciation d’actifs de son activité d’extraction de sables minéralisés, à hauteur de 171 millions d’euros, en raison de la "baisse des perspectives de prix long terme sur ce marché".
En outre l’entreprise pâtit de la faiblesse du dollar et d’un effet prix défavorable à hauteur de 193 millions d’euros (23 milliards de francs), notamment sur le marché du manganèse, utilisé dans la fabrication d’alliages. Eramet a aussi souffert en 2025 de contraintes de permis dans Weda Bay, la plus grande mine de nickel du monde.
L’Indonésie, principal producteur de ce métal nécessaire pour la fabrication d’acier inoxydable, mais également de batteries, limite les quotas de production et de vente de ce métal pour en soutenir les prix.
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