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Philippe Gomès : "Les Loyalistes croyaient sauver Bougival par Élysée-Oudinot, ils l’ont enterré"
Baptiste Gouret | Crée le 23.02.2026 à 11h13 | Mis à jour le 23.02.2026 à 11h20

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Philippe Gomès s'est expliqué, dans un long communiqué diffusé dimanche 22 février, sur sa décision de ne pas signer l'accord complémentaire Élysée-Oudinot. Photo Archives LNC / Julien Cinier
Le chef de Calédonie ensemble est revenu, dans un long communiqué diffusé dimanche 22  février, sur sa décision de se retirer des négociations et de ne pas signer l’accord complémentaire Élysée-Oudinot, fin janvier à Paris. Il estime que l’État a cédé à la pression des Loyalistes, conduisant l’accord de Bougival dans l’impasse.

Plus d’un mois après la signature de l’accord complémentaire Élysée-Oudinot [1], Philippe Gomès est sorti de sa réserve. Le chef de Calédonie ensemble, qui s’était retiré des négociations et n’apparaissait pas parmi les signataires du document, contrairement à son collègue Philippe Dunoyer, s’est expliqué dans un long communiqué diffusé dimanche 22 février.

Pour l’ancien député, cette tentative d’Emmanuel Macron de conforter l’accord de Bougival était vouée à l’échec. En cause notamment : l’absence de compléments pourtant demandés par une partie de la classe politique calédonienne. "Non seulement les compléments attendus n’étaient pas au rendez-vous le 16 janvier, mais l’hyper-provincialisation, prélude à la partition du pays, s’est offerte une place de choix dans l’accord Élysée-Oudinot par une porte dérobée, celle de la Loi organique", écrit l’homme politique.

"Impasse politique"

Une situation provoquée, selon lui, par la position des Loyalistes et des députés Ensemble pour la République lors de leur déplacement en Nouvelle-Calédonie [2], début janvier, qui ont enjoint le président de la République à appliquer Bougival coûte que coûte. Une stratégie "menaçante et jusqu’au-boutiste", qui a "fait plier l’État" et est "en train de se retourner contre [ses] auteurs". Les Loyalistes "croyaient sauver Bougival par Élysée-Oudinot, ils l’ont enterré", affirme Philippe Gomès. L’annonce du Parti socialiste de ne pas soutenir la réforme constitutionnelle [3], qui s’apprête à être examinée au Sénat, et les réserves récemment exprimées par les parlementaires du Modem et des Républicains laissent supposer un rejet du texte au Parlement. "Bougival, lesté d’Élysée-Oudinot, constitue une impasse parlementaire et une impasse politique", constate l’ancien élu, démis de ses fonctions début décembre à la suite de sa condamnation dans une affaire d’emplois fictifs. [4]

Pour Philippe Gomès, les chances d’adoption du projet de réforme à l’Assemblée nationale sont minces. Elles sont mêmes inexistantes au Congrès de Versailles, où "il n’existe pas de majorité des 3/5es" nécessaire à la modification de la Constitution. Reste que poursuivre ce processus comporte un risque, pour le patron de Calédonie ensemble : celui d’un retour des violences en Nouvelle-Calédonie. "L’impasse politique, c’est de nouveaux évènements, à un moment ou à un autre, soit lors du parcours parlementaire, soit lors du référendum de ratification de l’accord. C’est inéluctable."

La responsabilité de l’État

Philippe Gomès s’en prend également à l’État, qu’il estime en grande partie responsable de cette situation bloquée. "Après Sébastien Lecornu qui a fossoyé le troisième référendum en le maintenant malgré le Covid et le boycott du FLNKS, UNI compris, après Gérald Darmanin qui s’est occupé, lui, d’enterrer le dégel du corps électoral, après Naïma Moutchou qui s’est perdue dans les brousses de sa 'consultation citoyenne anticipée', c’est Emmanuel Macron lui-même qui a sonné le glas de l’accord de Bougival en parrainant un improbable pseudo-consensus dénommé Élysée-Oudinot."

Dans son communiqué, il explique également sa décision de ne pas signer l’accord complémentaire. "La rédaction proposée répondant parfaitement aux oukases des Loyalistes de manière caricaturale, je n’avais vocation ni à participer à des négociations biaisées à l’avance, ni à cautionner, par ma signature, le document qui en résulterait", estime Philippe Gomès, pour qui il est désormais temps de "tourner cette page peu glorieuse de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie" et de reprendre les discussions. Pour autant, "pas question de repartir de zéro", souligne-t-il. "Après des années de jachères, des discussions nombreuses et riches ont été menées sous l’autorité de Manuel Valls entre février et juillet 2025", et ont donné lieu à des propositions à Deva, en mai de la même année, jusqu’à l’accord de Bougival en juillet.

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