- Julien Mazzoni | Crée le 10.01.2026 à 15h01 | Mis à jour le 10.01.2026 à 15h56ImprimerNicolas Metzdorf et les députés macronistes Ensemble pour la République, à l’issue de leur visite de cinq jours en Calédonie. Photo Julien MazzoniAprès cinq jours de visite en Nouvelle-Calédonie, les députés Ensemble pour la République sont repartis à Paris vendredi 9 janvier. Avec un mantra : l’accord de Bougival doit désormais être appliqué, sans renégociation. À quelques jours d’une réunion décisive à l’Élysée avec Emmanuel Macron et les forces politiques calédoniennes, ils entendent porter un message de fermeté.
Ils sont venus, ils ont vu et ils sont plus convaincus que jamais. Invités par Nicolas Metzdorf, ils étaient une dizaine de députés macronistes à parcourir la Nouvelle-Calédonie, de Nouméa à la Brousse, auprès des institutions et des habitants, des entreprises sinistrées et des forces de l’ordre, du 5 au 9 janvier. Un programme dense, que le député de la première circonscription, qui leur a servi de guide pendant ces cinq jours, voulait comme une immersion, pour "voir avant de décider".
Sur le fond, la délégation partage une conviction, celle que l’accord de Bougival est bien une ligne d’arrivée et pas un point de départ. "Bougival n’est pas un document de travail. C’est un accord à respecter et à mettre en place", tranche Prisca Thevenot. Une formule qui semble destinée à devenir la boussole politique du groupe EPR dans les semaines à venir.
"Procrastination éternelle"
Sur le terrain, les députés affirment avoir perçu "un espoir, mais fragile" de la part de la population rencontrée. Guillaume Kasbarian évoque des habitants soulagés de voir enfin "les questions institutionnelles tranchées", mais également inquiets d’un retour en arrière, d’une "procrastination éternelle" qui replongerait le pays dans l’instabilité. "Ils veulent tourner la page et se concentrer sur l’économie, le travail, le quotidien", résume l’ancien ministre du Logement de Gabriel Attal.
Les rencontres des habitants du Mont-Dore et des Jacarandas leur ont permis selon eux de toucher du doigt une autre réalité, celle de l’impact social consécutif à la crise insurrectionnelle de mai juin 2024, "parfois sous-estimé depuis la métropole", estime Nicolas Metzdorf. Emploi, pouvoir d’achat, reconstruction, soutien de l’État : "Quand on dépasse la question institutionnelle, c’est de ça dont parlent les Calédoniens", souligne le député.
Rendez-vous décisif à l’Élysée
Face aux appels de l’UC FLNKS à renégocier ou à ralentir le processus du projet d’accord signé à Bougival le 12 juillet dernier, le discours se durcit. Pour Guillaume Kasbarian, "la démocratie, ce n’est pas céder à une minorité qui bloque", qui rappelle que le groupe indépendantiste a décliné l’invitation de la délégation. Renoncer à appliquer Bougival reviendrait, selon lui, à accepter "la tyrannie de la minorité".
C’est avec cette conviction que les députés sont rentrés ce vendredi 9 janvier à Paris, au moment où Emmanuel Macron s’apprête à réunir les forces politiques calédoniennes à l’Élysée, le 16 janvier. Un rendez-vous présenté comme décisif : pour les élus Ensemble pour la République, soit Bougival devient le socle d’une stabilisation politique et économique, soit l’incertitude se prolonge. Pour ces parlementaires, le choix est déjà fait. "Le temps presse. Il est temps d’acter et d’agir."
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