
Face à l’annonce conjointe de la province Sud et de la ville de Nouméa de relancer des campagnes d’abattage ciblant les requins-tigres et bouledogues [1], l’association environnementale Ensemble pour la planète (EPLP) a réagi dans un communiqué daté du 23 février 2026. Elle annonce la saisine du tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie en référé et au fond, dénonçant une décision qu’elle juge "juridiquement indéfendable" et un mépris des décisions de justice antérieures.
La question des campagnes de prélèvement de requins est au cœur d’un long contentieux judiciaire. Fin décembre 2023, le tribunal administratif de Nouméa avait enjoint la province et à la mairie à cesser les campagnes d’abattage des requins-tigres et bouledogue [2]s, qu’il estimait "disproportionnées" et menées sans étude scientifique préalable sur les populations concernées ou sur l’impact environnemental. Cette décision faisait suite à des recours déposés notamment par EPLP au motif que ces campagnes violaient le droit à la protection de l’environnement.
Ensemble pour la planète rappelle que par cette jurisprudence les juridictions administratives avaient annulé le retrait du statut d’espèce protégée de ces squales par la province Sud, tout comme les précédentes campagnes lancées par la mairie de Nouméa. Dans son communiqué, l’association accuse les deux collectivités d'"ignorer jusqu’à la justice" et de répéter "la même méthode, la même illégalité" sans produire "aucune étude scientifique nouvelle" ni expertise indépendante.
Cette reprise des abattages intervient alors que la protection juridique des requins-tigres et bouledogue avait été confirmée par les juridictions, qui avaient estimé que leur retrait de la liste des espèces protégées était illégal [3]et que les campagnes de prélèvement ne respectaient ni les exigences de proportionnalité, ni les garanties scientifiques nécessaires avant de porter atteinte à des espèces marines sensibles.
Pour EPLP, cette nouvelle offensive judiciaire s’inscrit dans ce que l’association qualifie de "mépris des décisions de justice" et de "politique d’illusionnistes", alors que, selon elle, une gestion rigoureuse du risque requin devrait être fondée sur la science, la prévention et des mesures proportionnées. Outre la saisine du tribunal administratif, l’organisation indique qu’elle va également interpeller l’Agence calédonienne de la biodiversité (ANCB) et le Comité consultatif du Parc naturel de la mer de Corail (PNMC) pour qu’ils se prononcent sur la relance des abattages décidée par les deux exécutifs.
Ce nouveau recours intervient dans un contexte où, depuis plusieurs années, les campagnes d’abattage de requins en Nouvelle-Calédonie ont suscité de vifs débats [4] entre autorités, scientifiques et associations environnementales, ces dernières soulignant à maintes reprises l’absence de données solides permettant de justifier de telles mesures face au risque requin.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/environnement/la-province-sud-et-la-ville-de-noumea-vont-relancer-une-campagne-d-abattage-de-requins
[2] https://www.lnc.nc/article/environnement/justice/grand-noumea/noumea/le-tribunal-administratif-interdit-les-campagnes-d-abattage-de-requins
[3] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/environnement/justice/les-requins-tigres-et-bouledogues-restent-bel-et-bien-des-especes-protegees
[4] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/environnement/sciences/l-attaque-sur-un-plongeur-relance-le-debat-sur-l-abattage-des-requins
[5] https://www.lnc.nc/user/password
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