- Baptiste Gouret | Crée le 09.01.2026 à 17h42 | Mis à jour le 09.01.2026 à 17h42ImprimerDe 2019 à 2023, la mairie de Nouméa et la province Sud ont procédé à l’abattage de plusieurs centaines de requins-tigres et bouledogues, avant l’interdiction de ces campagnes par la justice. Photo AFP Ken KieferQuelques heures après l’attaque d’un requin sur un plongeur en bouteille, le 3 janvier entre Bourail et Moindou, la province Sud a dit regretter ne plus pouvoir mener de campagnes d’abattage, interdites par la justice en 2023. Une "obstination irresponsable" et "une vision archaïque et inefficace" de la gestion du risque requins, a déploré l’association Ensemble pour la planète.
L’état de santé de la victime n’était pas encore connu que déjà, le débat était rouvert par la province Sud. Dans un communiqué envoyé quelques heures après l’attaque d’un requin sur un plongeur en bouteille, survenue samedi 3 janvier sur le site du grand coude de Kélé, entre Bourail et Moindou, la Maison bleue a repris sa croisade en faveur de l’abattage des requins-tigres et bouledogues.
"Malheureusement, le volet des opérations de régulation engagées depuis juin 2019 n’a pu se poursuivre en raison des recours de l’association Ensemble pour la planète – EPLP", écrit la collectivité, regrettant que ce "levier" ne soit "plus possible".
"Politiques inefficaces et dangereuses"
Interdites par le tribunal administratif en décembre 2023, décision confirmée ensuite par la cour d’appel en décembre 2025, les campagnes dites "de prélèvement" des requins-tigres et bouledogues menées par la province Sud et la ville de Nouméa depuis 2019 font l’objet d’une longue opposition entre les associations de défense de l’environnement, les scientifiques et les pouvoirs publics. En 2023, à la suite d’une série d’attaques mortelles aux abords des plages de la capitale, la ville de Nouméa et la province Sud avaient décidé d’intensifier les opérations. Plus de 200 squales avaient été abattus cette même année, du jamais vu. Saisie par EPLP, la justice avait estimé que cette action était "disproportionnée au regard du but de protection de la vie humaine poursuivi, d’autant plus qu’aucune étude scientifique précise n’a été menée pour connaître l’état des populations des espèces ciblées, ni les effets sur l’environnement de tels prélèvements". Le tribunal avait également annulé la décision de la province Sud d’autoriser la pêche au sein des aires protégées de l’îlot Maître, de l’île aux Canards et de la pointe Kuendu. En janvier 2024, la cour administrative d’appel a, quant à elle, exigé de la province Sud qu’elle réintègre les requins bouledogues et les requins-tigres sur la liste des espèces protégées, trois ans après les en avoir officiellement retirées.
La relance, par la Maison bleue, du débat sur l’abattage systématique des requins jugés dangereux est qualifiée d'"obstination irresponsable" par l’association EPLP, qui appelle la collectivité à "cesser sa lamentable instrumentalisation de drames humains pour justifier de politiques inefficaces et dangereuses". Dans un communiqué publié le lendemain de l’attaque, dimanche 4 janvier, l’association présidée par Martine Cornaille regrette que la province Sud "persiste à défendre une vision archaïque et inefficace de la 'gestion de crise requins', fondée sur les abattages aveugles".
Une approche qui est "discréditée scientifiquement et juridiquement, inefficace sur le plan de la sécurité et gravement préjudiciable aux écosystèmes marins", selon l’association. L’opposition à ces campagnes "n’est ni idéologique ni isolée", mais au contraire "partagée par la grande majorité de la communauté scientifique internationale spécialisée sur les requins et les interactions homme-faune".
Un plan d’actions requins
Le docteur calédonien Claude Maillaud, médecin généraliste et spécialiste de la faune marine dangereuse, partage ce point de vue. "Ces opérations ont été lancées [en 2019 NDRL] en dehors de tout cadre scientifique, et les captures n’ont fait l’objet d’aucune exploitation scientifique par la suite", estime l’expert, qui y voit "une simple réponse politique". La réaction de la province serait, selon lui, d’autant plus inadaptée que les attaques contre des plongeurs en bouteille, comme celle survenue le 3 janvier, demeurent "rarissimes".
Reste que le programme des pouvoirs publics pour lutter contre le risque requins ne se limite pas aux campagnes de régulation. Le plan d’actions élaboré ces dernières années par la province Sud et la ville de Nouméa contient actuellement quarante-quatre mesures à court, moyen et long termes. Elles vont de la campagne de communication jusqu’à la pose de barrières anti-requins près des plages du sud de Nouméa.
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