
À quelques semaines du scrutin municipal, le Syndic’Art – Union des artistes et techniciens de Nouvelle-Calédonie interpelle les candidats pour faire de la culture un enjeu de campagne. Dans une lettre ouverte transmise à tous les aspirants maires, cette association professionnelle appelle à des engagements concrets sur le terrain culturel, estimant que les artistes doivent être reconnus comme acteurs économiques et sociaux à part entière.
Créé pour "regrouper les artistes et techniciens professionnels de toutes disciplines vivant en Nouvelle-Calédonie", le Syndic’Art se présente comme un "partenaire des institutions" et un interlocuteur pour la filière artistique locale.
Dans sa lettre ouverte, l’association évoque notamment l’adoption en 2025 d’une carte d’artiste professionnel et émergent par le gouvernement [1], devenue le référentiel administratif pour la filière culturelle. Elle en appelle à une application locale concrète de cette reconnaissance : priorisation des artistes locaux dans les appels à projets, facilitation d’accès aux espaces municipaux de création et respect de grilles tarifaires justes pour les prestations artistiques.
Parmi ses revendications, le Syndic’Art propose un tarif plancher de 6 500 francs par heure d’intervention artistique, avec prise en compte des frais annexes (déplacement, préparation, hébergement…) et demande que ces prestations soient confiées en priorité à des artistes professionnels. Une doléance qui vise à instaurer un cadre tarifaire stable pour des professions aux conditions d’exercice souvent précaires.
L’association appelle également à ce que les communes ouvrent leurs lieux culturels à la gestion par des structures compétentes du secteur, ce qui, selon elle, renforcerait l’écosystème culturel et favoriserait la création. Ces propositions s’inscrivent dans une logique de cohésion sociale et d’attractivité territoriale. Pour le Syndic’Art, la culture ne doit pas être reléguée au second plan face aux autres politiques publiques.