
Lancé en 2024, ce chantier de grande ampleur visait à donner aux territoires d’Outre-mer des données précises sur les évolutions de nombreux indicateurs climatiques aux horizons 2030, 2050 et 2100, selon les niveaux de réchauffement de la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc). La Tracc est le cadre retenu par le gouvernement, qui prépare la France hexagonale à un réchauffement de + 4 °C à l’horizon 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Dans les Outre-mer, il varie selon les territoires, allant de + 2,3 °C en Polynésie française à + 3,5 °C en Guyane, et + 3 °C en Nouvelle-Calédonie [1].
Depuis lundi 2 mars, les indicateurs pour les Antilles (nombre de jours chauds, évolution des précipitations, etc.) selon la Tracc sont disponibles sur le portail Drias [3], qui présente depuis 2012 les projections régionalisées du climat en France. Ils complètent ceux déjà disponibles pour La Réunion, Mayotte, la Guyane et la Nouvelle-Calédonie, tandis que les indicateurs pour les îles les plus peuplées de Polynésie française seront publiés fin mars. Les premiers résultats "doivent nous alerter", a expliqué à l’AFP Sophie Martinoni-Lapierre, directrice de la climatologie et des services climatiques à Météo France.
Le nombre de jours avec des températures maximales dépassant 32 °C pourrait atteindre environ 200 jours par an à l’horizon 2100 dans une Mayotte à + 3 °C, contre une trentaine actuellement. En Nouvelle-Calédonie, "les projections indiquent que les nuits chaudes (températures minimales supérieures ou égales à 24 °C) seraient multipliées par 4 ou 5 par rapport à la période 1991-2020, soit l’équivalent de plusieurs mois dans l’année", souligne Météo France. En Guadeloupe, les journées très chaudes (33 °C ou plus), aujourd’hui rares (3 à 5 jours par an), atteindraient 85 à 90 jours annuels alors que les niveaux de réchauffement projetés par rapport à la période préindustrielle atteignent pour l’ensemble des Antilles françaises + 1,4 °C à l’horizon 2030, + 1,9 °C en 2050 et + 2,7 °C en 2100.
"Ce n’est pas parce qu’on a un niveau de réchauffement moindre dans les Outre-mer, que la situation est plus favorable", précise Agathe Drouin, responsable du département Études et modélisation. Quarante personnes ont été impliquées pendant 18 mois pour produire ces simulations propres à chaque territoire, qui ont nécessité "des mois et des mois de calcul" sur les supercalculateurs de Météo France, selon Sophie Martinoni-Lapierre, qui évoque une "opération de rattrapage" pour des territoires "longtemps manquants dans les exercices de simulation".
Links
[1] https://meteofrance.com/le-changement-climatique/quel-climat-futur/quel-climat-futur-pour-les-outre-mer
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/pacifique/environnement/sciences/christophe-menkes-climatologue-nos-petits-enfants-vont-vivre-avec-un-climat-ou-il-y-aura-3-degc-en-moyenne-en-plus
[3] https://drias-climat.fr/
[4] https://www.lnc.nc/user/password
[5] https://www.lnc.nc/user/register
[6] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements