
La tension monte autour de l’organisation du premier tour des élections municipales à Nouméa. Dans un communiqué diffusé ce jeudi 12 mars, la liste candidate du FLNKS dans la capitale, "Unité pays, la voie des quartiers populaires", appelle ses militants à se mobiliser ce vendredi 13 mars devant l’hôtel de ville de Nouméa, à partir de 8 heures. Elle reproche à la municipalité le regroupement des 56 bureaux de vote de la ville en huit lieux, où devront se rendre les 68 373 électeurs dimanche 15 mars et, en cas de second tour, dimanche 22 mars.
Un dispositif similaire à ce qui avait été mis en place en juin 2024 lors des élections européennes puis législatives, justifié à l’époque par le contexte insurrectionnel. Auparavant, 37 sites accueillaient les bureaux de vote de Nouméa. Pour Unité pays, cette nouvelle organisation est "inacceptable" [1] car elle provoque "de fait un obstacle supplémentaire à l’exercice du droit de vote et porte atteinte au principe fondamental d’égalité devant le suffrage". Les représentants de la liste indépendantiste s’inquiètent qu’une partie de la population, en particulier celle issue des quartiers populaires défavorisés, rencontre des difficultés pour se déplacer le jour du scrutin. Une situation qui "risque d’encourager l’abstention dans les quartiers populaires, déjà fortement, touchés par la sous-participation aux élections municipales".
"Unité pays ne restera pas silencieux", avertit la liste, qui envisage également un recours devant la justice. "Le droit de vote ne doit jamais devenir un privilège réservé à ceux qui ont les moyens de se déplacer." Également opposée à ce regroupement des bureaux de vote, Muneiko Haocas, présidente du MNIS et tête de liste "Nouméa, cœur battant", a déposé un référé au tribunal administratif, exigeant la suspension de l’arrêté du haut-commissariat sur l’organisation électorale à Nouméa. L’audience s’est tenue mercredi 11 mars et une décision est attendue dans la journée.
Le conflit autour du regroupement des bureaux de vote ne se limite pas à la ville de Nouméa. À Païta, la concentration des 19 bureaux de vote en six lieux provoque également la colère d’une partie des candidats. Au Mont-Dore, la suppression du bureau de vote de l’île Ouen, transféré au groupe scolaire de Plum, a donné lieu à une mobilisation de plusieurs dizaines d’habitants, lundi 9 mars [2], devant l’hôtel de ville de Boulari.

Links
[1] https://www.lnc.nc/article/grand-noumea/noumea/municipales/municipales-unite-pays-met-en-cause-l-organisation-du-scrutin-a-noumea
[2] https://www.lnc.nc/article/grand-noumea/mont-dore/ile-ouen/politique/a-l-ile-ouen-la-fermeture-du-bureau-de-vote-provoque-la-colere-des-electeurs
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