fbpx
    Grand Nouméa
  • Anne-Claire Pophillat | Crée le 06.03.2026 à 10h20 | Mis à jour le 06.03.2026 à 10h21
    Imprimer
    (De gauche à droite) Joseph Boanemoa, actuel conseiller municipal Unité Pays, Aude Dremue Forest, quatrième de liste, Lesse Adjouhgniope, tête de liste, et Roseline Eatene, numéro 2, lors de la conférence de presse jeudi 5 mars. Photo A.-C.P.
    L’organisation du premier tour des municipales à Nouméa, qui prévoit le regroupement de 56 bureaux de vote en huit lieux, est contestée par la liste FLNKS "Unité pays, la voie des quartiers populaires", estimant que cela pose la question "de l’accès réel des citoyens au vote".

    La liste FLNKS "Unité pays, la voie des quartiers populaires" a questionné, lors d'une conférence de presse jeudi 5 mars, l'organisation du scrutin du premier tour des municipales dimanche 15 mars par la mairie. La ville a en effet décidé, comme cela avait été le cas lors des législatives en juin 2024 après les émeutes, de regrouper les bureaux de vote, en l'occurrence 56, en huit lieux, où devront se déplacer les 68 373 électeurs qui souhaitent glisser un bulletin dans l'urne. Une disposition différente des précédents scrutins. Habituellement, les Nouméens votent dans les écoles primaires du quartier où ils se déclarent résidents.

    "Un dispositif qui éloigne les gens des lieux de vote"

    "Les législatives se sont tenues dans un contexte très spécial. Or, 2026 n'est pas 2024, ce n'est pas le même climat", a déclaré Aude Dremue Forest, quatrième de liste, s'étonnant d'une telle décision de la part de la maire, Sonia Lagarde. "Pourquoi mettre en place un dispositif qui éloigne les gens des quartiers populaires des lieux de vote ?"

    Il ne s'agit pas de faire "polémique", a affirmé la directrice de campagne. "C'est pragmatique", a-t-elle poursuivi, évoquant les difficultés de déplacement et la distance à effectuer à pied. Par exemple, "quelqu'un qui vote normalement à l'école Daniel-Talon, à Kaméré, va devoir se rendre à Ko We Kara et marcher 7 km aller-retour, soit plus d'une heure et demi", s'insurge la représentante de la liste, mentionnant également le risque de files d'attente plus importantes et, "au final, une participation électorale qui diminue". Pour Aude Dremue Forest, cela favorise l'abstention, qui avait déjà été élevée en 2020, notamment en raison du contexte de Covid et du passage de la dépression Gretel (près de 58 % à Nouméa lors du premier tour en 2020).

    "Une question démocratique majeure"

    "Le rôle de la collectivité est de garantir l'accès au vote, de le faciliter. Le rendre plus difficile pose une question démocratique majeure, ça la fragilise, c'est inquiétant." D'où l'alerte lancée jeudi en direction du haut-commissaire, "pour que les conditions soient réunies afin de faire les choses dans les règles." Unité pays a ainsi réclamé une explication de sa part et sollicité un rendez-vous. Joseph Boanemo, actuel conseiller municipal Unité pays, a lui interpellé la maire, afin qu'elle prenne "ses responsabilités en matière de transport, pour rendre davantage accessibles les bureaux de vote".

    Unité pays demande le "rétablissement de l'organisation que tous les électeurs connaissent" et n'exclue pas d'intenter un recours devant le tribunal administratif avant le premier tour. "Le principe d'égalité implique que les conditions matérielles d'accès au vote ne créent pas de discrimination entre les électeurs."


    Cartographie des huit sites regroupant les 56 bureaux de vote de la ville de Nouméa. Illustration mairie de Nouméa

    Le MNIS saisit le haut-commissariat


    Muneiko Haocas (au centre) et Jean-Jacques Oine (à gauche) tirent la liste "Nouméa, cœur battant" aux élections municipales. Photo DR

    Muneiko Haocas, tête de liste "Nouméa cœur battant, justice sociale", s’inquiète également de l’organisation du premier tour, dimanche 15 mars, estimant que "l’heure est grave pour la démocratie à Nouméa". La présidente du Mouvement nationaliste indépendantiste souverainiste (MNIS) informe, dans un communiqué, avoir officiellement saisi le haut-commissaire sur le sujet. "L’organisation du scrutin menace le droit de vote dans nos quartiers populaires (Rivière-Salée, Montravel, Tindu, Ducos, Vallée-du-Tir, Kaméré)", considère Muneiko Haocas, dénonçant une situation de "double peine" pour les habitants, qui seront contraints à des déplacements plus longs, d’autant que le réseau Tanéo ne fonctionne pas le dimanche. "La sincérité du scrutin ne peut être garantie si une partie de la population est tenue à l’écart des urnes par des obstacles logistiques ou un climat de tension", relève la candidate, évoquant "des contrôles policiers fréquents ciblant les jeunes, créant un climat dissuasif loin de la sérénité nécessaire aux urnes". "Nouméa cœur battant, justice sociale" exige la mise en place de navettes entre les quartiers et les lieux de vote, la gratuité du réseau Tanéo la journée du scrutin, des consignes de stricte neutralité et d’apaisement pour les forces de l’ordre.

    MERCI DE VOUS IDENTIFIER
    X

    Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

    J'AI DÉJA UN COMPTE
    Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
    Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
    JE N'AI PAS DE COMPTE

    Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
    Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement.
  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS