
"On ne découvre pas un territoire au travers de dossiers, mais en arpentant ses terres." En ouvrant par ces paroles, ce jeudi 30 avril, le séminaire des maires, le haut-commissaire, Jacques Billant, a placé la journée sous le signe du terrain et du dialogue.
Face à lui, trente-trois maires (ou leur représentant, deux élus étaient absents), venus chercher des réponses concrètes pour entamer leur mandat sereinement. "J’attends de savoir quel sera l’accompagnement de l’État envers la commune, confiait en amont Teva Puahio, nouveau maire de Thio. Il faut vraiment qu’on pense aux communes et pas qu’aux grandes institutions."
Même attente du côté de Pascal Sawa, réélu maire de Houaïlou, qui insiste à la fois sur le besoin de repères et sur les enjeux financiers. "Les cofinancements potentiels que l’État et la mission interministérielle peuvent amener dans le cadre du plan de relance" figurent parmi les priorités des maires dans "une période compliquée".
Sécurité, contrôle des actes, organisation des scrutins, finances communales… Les thèmes abordés ont largement recoupé l’ensemble de ces préoccupations. Avec un engagement répété par le haussaire, comme un mantra : "L’État restera à vos côtés."

À l’issue du séminaire, Pascal Vittori, premier édile de Boulouparis et président de l’Association française des maires, a retenu avant tout la question de la sécurité. "C’est un sujet très important pour les Calédoniens", a-t-il insisté, précisant que le représentant de l’État s’était notamment engagé à renforcer la présence de forces de l’ordre dans le cadre des élections provinciales.
Évidemment, les finances ont également occupé une large place. S’appuyant sur la dotation de solidarité républicaine et le plan de relance par l’investissement [1], les maires cherchent des marges de manœuvre. “Les petites communes ont besoin d’être aidées sur l’ingénierie”, insiste Pascal Vittori. Il pointe le manque de bureaux d’études, fragilisés par la crise, qui complique le montage des dossiers dans le cadre du plan de relance. Un enjeu d’autant plus pressant que les communes doivent déposer leurs projets avant le 15 mai, indique Pascal Vittori.
En fin de journée, la plupart des élus interrogés semblaient rassurés. Pour Stevens Kaouda, fraîchement élu à La Foa, la journée a permis de "prendre un premier contact" avec les services de l’État et les autres maires. "Ça a répondu à beaucoup de questions. Aujourd’hui, on est beaucoup plus éclairés sur les apports de l’État et sur la manière de travailler avec lui."

"Ça nous rassure", appuie Mireille Tjibaou, nouvellement portée à la fois à la tête de la mairie de Hienghène, mais également à celle de l’Association des maires de Nouvelle-Calédonie, réunissant les communes à tendance indépendantiste. Après avoir obtenu "davantage de précisions" sur les financements et les appels à projets, elle souligne aussi avoir reçu la garantie que le plan de relance "n’est pas lié à un accord politique".