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    Nouvelle Calédonie
  • Anthony Tejero | Crée le 30.04.2026 à 14h44 | Mis à jour le 30.04.2026 à 14h44
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    Amaury Decludt, le nouveau directeur de la mission interministérielle, est diplômé de l’ENA, avant de devenir inspecteur des finances. Photo Anthony Tejero
    Après trois semaines sur le Caillou, le nouveau directeur de la mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie, Amaury Decludt, a tiré le bilan de ce premier séjour qui s’inscrit "dans la continuité" de sa prédécesseuse, Claire Durrieu. Parmi les avancées notables du pacte de refondation économique et social : la validation de 61 projets et infrastructures pour un montant de 7 milliards de francs ou encore le recrutement prochain de cent éducateurs spécialisés. Des chantiers et dispositifs sur lesquels, le haut fonctionnaire appelle les collectivités "à aller vite".

    En fonction depuis le 31 mars pour succéder à Claire Durrieu, le nouveau chef de la mission interministérielle, Amaury Decludt achève son premier séjour en Nouvelle-Calédonie, où il est arrivé le 11 avril dernier. À l’heure du bilan, qu’il a présenté à la presse, ce mercredi 29 avril, le haut fonctionnaire et inspecteur des finances publiques, annonce d’emblée "ne pas repartir de zéro" et "s’engager dans la continuité" de sa prédécesseuse.

    Pas de véritables annonces lors de cette rencontre, mais plutôt la confirmation que les travaux se poursuivent sur les trois priorités auxquelles s’attelle la mission pour tenter de relever le pays : la relance économique, le "filet de sécurité" sociale et le maintien des finances publiques. Des thèmes pour lesquels, à l’issue de cette première "prise de contact" sur le terrain, le haut fonctionnaire note "un consensus global de tous les acteurs économiques, sociaux et politiques pour avancer dans le même sens avec le soutien financier et l’expertise de l’État".

    7 milliards de francs déjà fléchés pour la relance économique

    Le pacte de refondation économique et sociale, dévoilé fin mars par le haut-commissaire, qui est "indépendant des réformes à mettre en œuvre en Nouvelle-Calédonie, car les les Calédoniens ne peuvent plus attendre", est en bonne voie, assure Amaury Decludt. Sur le volet de la relance économique, 61 dossiers portés par les collectivités ont déjà été validés, pour un montant global de 7 milliards de francs, dont une enveloppe de 2,1 milliards "est en passe d’être dégagée" et "donc injectée prochainement dans l’économie calédonienne". Des "délais très rapides" et inhabituels dans l’administration, se félicite le directeur de la mission.

    Route transversale entre Kaala-Gomen et Hienghène, gares routières en province Nord, construction du pont de La Tontouta, raccordement à l’eau potable dans le secteur d’Erambéré à Dumbéa… Pour tous ces projets, "les financements sont là et il faut désormais transformer l’essai" pour que "cet argent soit utilisé à bon escient" afin de concrétiser "ensemble" ces chantiers au plus vite. "L’objectif de ce plan de relance économique est de redonner du travail pour les entreprises partout en Nouvelle-Calédonie : dans le Nord, dans les îles, dans le Sud, à l’Ouest comme à l’Est", insiste Amaury Decludt.

    En parallèle, de cette première campagne, une "deuxième vague" de candidatures est ouverte jusqu’au 15 mai pour les collectivités. "Il y a quatre axes pour cet appel à projets : le désenclavement, les projets qui fournissent des services essentiels à la population, la lutte contre le réchauffement climatique et enfin la diversification de l’économie", liste le haut fonctionnaire.

    Aides sociales : "il faut accélérer"

    La deuxième priorité de la mission interministérielle concerne ce qu’elle nomme le "filet de sécurité social", un secteur pour lequel l’État s’est engagé à débloquer 1,3 milliard de francs par an dès cette année et jusqu’en 2030. Une somme qui doit permettre prochainement la création de cent postes d’éducateurs spécialisés répartis dans tout le pays. En parallèle, le budget prévoit de financer un millier de "parcours", c’est-à-dire de dispositifs de suivi individualisé, de type formations, service civique, chantiers d’insertion, etc. Le cœur de cible est clair : les jeunes en situation de décrochage scolaire ou professionnel.

    Ce volet social repose par ailleurs sur la dotation républicaine de solidarité, qui se chiffre à 2,5 milliards de francs. Une somme qui doit aider les familles à subvenir aux dépenses du quotidien : cantine, transport, habillements, etc. C’est dans ce cadre que la Maison bleue a par exemple décidé de lancer, ce lundi 27 avril, Sud solidarité, une enveloppe de 6 000 francs par enfant scolarisée distribuée sans condition de ressources. Pour autant, Amaury Decludt regrette "qu’une part importante de ces aides n’ait pas encore été versée" à la population et "appelle les collectivités concernées à accélérer" sur ce volet.

    Finances publiques : des réformes figées par le calendrier électoral

    Du côté des finances publiques, les sommes de 44 milliards de francs sous la forme de prêts garantis par l’État et de 7 milliards de francs sous forme de subventions, doivent être versées au gouvernement. "Ces financements, très importants, qui représentent plus de 50 milliards de francs, servent pour l’essentiel à financer le déficit de la Sécurité sociale calédonienne, en termes d’assurance maladie et de retraite", relève le haut fonctionnaire, qui qualifie cet argent de "considérable mais pas durable".

    Autrement dit, l’État surveille de près la mise en place de réformes qui doivent permettre à la Nouvelle-Calédonie de parvenir à maîtriser sa situation financière, avec un retour à l’équilibre attendu, ou du moins espéré d’ici 2030. Sauf que le calendrier électoral, rythmé par les élections municipales et les échéances provinciales, ne joue pas en ce sens. "L’État a conscience que la Nouvelle-Calédonie ne peut pas lancer des réformes de baisse des dépenses publiques ou de hausse des impôts en période préélectorale, mais l’objectif après ces élections, est bien le redressement des dépenses publiques, rappelle Amaury Decludt, qui juge bon de préciser que "l’État, respectueux de l’autonomie du territoire, n’a pas son mot à dire sur les réformes décidées par la Nouvelle-Calédonie, bien qu’il y soit très intéressé en tant que financeur".

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