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De la scorie bientôt exportée chez nos voisins du Pacifique ?
Anne-Claire Pophillat | Crée le 07.05.2026 à 12h42 | Mis à jour le 07.05.2026 à 12h45

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La SLN produit plus d’un million de tonnes de scorie, qui résulte de la fusion du minerai de nickel, chaque année. Photo Archives LNC / SLN
Une étude régionale vient d’être lancée sur les conditions d’utilisation et d’export de la scorie vers les États insulaires du Pacifique, tels que les Îles Cook, Kiribati, ou Tuvalu, a indiqué l’ambassadrice pour le Pacifique Véronique Roger-Lacan lors d’une conférence de presse, mercredi 6 mai.

Niue, Kiribati, Nauru, Îles Cook, Îles Marshall, Tonga, Tuvalu et Vanuatu sont les huit États insulaires à s’être montrés particulièrement intéressés par la scorie, jusqu’à demander, en 2025, l’appui de la France, afin d’examiner les conditions d’accès à ce matériau, qui peut remplacer le sable naturel dans la composition du béton.

La scorie, dont 25 millions de tonnes s’entassent à l’entrée de la ville, au pied de la SLN à Doniambo, présente un avantage certains pour ces pays. "Pour l’instant, ils creusent leur lagon pour récupérer du sable, où sinon ils explosent leur récif pour écraser le corail et en faire des agrégats", explique Véronique Roger-Lacan, ambassadrice de France pour le Pacifique, lors d’une conférence de presse mercredi 6 mai. Ce sable serait ainsi remplacé par la scorie, dont les usages peuvent être multiples. Construction de bâtiment, terrassement, aménagement de quai ou de digue pour lutter contre l’érosion côtière et la montée du niveau de la mer.

Transposer la norme de construction calédonienne

Le secrétariat permanent pour le Pacifique s’est emparé du dossier avec le gouvernement calédonien, afin d’apporter une réponse. Des experts ont été sollicités, notamment le Centre pour l’attractivité du nickel et son environnement (CNRTEC), qui pilote une étude régionale sur le sujet, lancée fin avril. Menée par un laboratoire de l’Université du Queensland, en Australie, le Sustainable Minerals Institute, et financée par le secrétariat pour le Pacifique ainsi que le Pacifique regional infrastructure fund (Prif) [1], elle consiste à analyser les conditions d’utilisation et d’export de la scorie vers ces États.

Car si ce matériau a été inscrit au Référentiel de la construction de la Nouvelle-Calédonie en 2025 [2], il manque un "cadre régional consolidé", pour favoriser son emploi par nos voisins du Pacifique. D’où la mise en place de cette étude, préalable nécessaire à l’export, visant "à transposer chez les États du Pacifique qui le souhaitent, la norme de construction existant ici", indique Véronique Roger-Lacan.

Elle portera notamment sur l’environnement. "Ce matériau est considéré comme neutre, mais on sait qu’il y a des détracteurs de ce produit, donc l’étude doit aussi permettre de vérifier que cet agrégat est compatible avec les lagons de ces États." L’analyse portera également sur l’économie, coûts et chaînes logistiques, ainsi que sur les aspects techniques, en fonction des usages adaptés selon les territoires.

Sa restitution, attendue pour la fin de l’année, doit soutenir la mise en œuvre de projets pilotes, "qui pourront se construire dès 2027", dans les pays volontaires. Les trois premiers États concernés par l’étude seront Kiribati, les Îles Marshall et Tonga, selon l’ambassadrice.

Le coût du transport, un enjeu

La troisième phase consistera en un tour de table des différents partenaires potentiels, afin de déterminer "quelles institutions sont partantes pour financer le transport de ce matériau, parce que ça coûte très cher". La Banque européenne d’investissement serait par exemple intéressée.

Les Îles Marshall ont déjà réalisé un premier achat de scorie à la SLN. "Ils ont signé un contrat la semaine dernière pour 30 000 tonnes, précise Véronique Roger-Lacan. Ils ont un projet d’agrandissement de l’aéroport, ce qui nécessite de remblayer, et du port, ce qui passe par l’installation de nouveaux quais."

Pour l’ambassadrice, ce programme régional doit ouvrir sur une autre opportunité pour le territoire. "À la clé, il y a aussi le savoir-faire du BTP calédonien, qui sait utiliser cet agrégat. Il y aura donc un cercle vertueux de création de filières au bénéfice de la Nouvelle-Calédonie."


Véronique Roger-Lacan, ambassadrice de France pour le Pacifique, lors du point presse consacré aux projets portés par le secrétariat permanent pour le Pacifique, mercredi 6 mai. Photo Anne-Claire Pophillat

Réaction à la polémique autour de la présence d’une délégation FLNKS au Vanuatu

L’invitation d’une délégation du FLNKS, conduite par Christian Tein, à un forum organisé à Port-Vila pour renforcer la coopération économique avec la Nouvelle-Calédonie a suscité l’indignation d’une partie de la classe politique et de l’opinion publique. Christopher Gygès, en charge du commerce extérieur, a annoncé suspendre les travaux relatifs à l’accord de coopération commerciale entre les deux territoires, mardi 5 mai. Le lendemain, Cynthia Jan, maire de Dumbéa, a également déclaré suspendre les relations avec Port-Vila, ville jumelle de Dumbéa, "jusqu’à nouvel ordre".

Véronique Roger-Lacan a réagi à la situation, lors de son point presse mercredi 6 mai, estimant "normal et légitime que le Vanuatu entretienne des liens avec qui il souhaite, et que le FLNKS entretienne des liens avec qui il souhaite". Le problème concerne la communication du gouvernement vanuatais sur le sujet, que l’ambassadrice de France pour le Pacifique juge ambigu. "Il y avait une confusion. Une délégation du FLNKS était présentée comme une délégation de la Nouvelle-Calédonie qui représentait tous les Calédoniens."

La diplomate a rappelé la déclaration du gouvernement, précisant qu’il n’avait ni été invité ni n’était représenté dans la mission. "L’ambassadeur de France au Vanuatu, qui avait été invité, a donc dit qu’il n'y participerait pas. C'était une réunion politique, et l’État ne va pas à des réunions politiques, ce n’est pas le rôle d’une ambassade. Les relations extérieures sont une compétence partagée entre le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l’État, mais ce n’est pas une compétence du FLNKS. Il fallait que la communication du Vanuatu soit très claire. C’était une réunion entre le Vanuatu et le FLNKS, mais pas entre le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie."

Les autres projets

→ Le Fonds Pacifique (alimenté par des crédits du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et mis en œuvre par les collectivités françaises au service des populations océaniennes) a octroyé 225 millions de francs (1,890 million d’euros) à 54 projets régionaux de coopération en 2026, en lien avec une dizaine d’États insulaires (Australie, Fidji, Nauru, Tokelau, Palau, Salomon, etc.).

Cela concerne des collaborations scientifiques pour améliorer la santé des populations ; de la recherche sur les effets du changement climatique ; des échanges humains et sportifs, et des échanges culturels et de promotion de la francophonie. Le Fonds Pacifique a également renouvelé sa dotation au programme Échos du Pacifique [3], porté par la CPS, visant à soutenir la création audiovisuelle et à sauvegarder le patrimoine audiovisuel océanien.

→ Appel à projets 2026 du programme de mobilité étudiante Campus mobile Pacifique, dont l’objet est de créer des ponts entre les universités anglophones et francophones de la région, à travers des échanges d’étudiants, de chercheurs, d’enseignants et de formateurs. Date limite de dépôt des dossiers : 30 juin. Mail : campusmobile.spp@diplomatie.gouv.fr [4]. En 2024, un premier financement de près de 24 millions de francs avait été mis à disposition, puis de 15,5 millions en 2025.

→ Connectivité et coopération aérienne : c’est un autre dossier porté par la représentation française dans le Pacifique, qui souhaite l’améliorer. Pour cela, le secrétariat permanent soutient l’ouverture d’une ligne reliant la Polynésie française, les îles Cook, Samoa, Tonga et Fidji, pour laquelle un accord a été signé en août 2025 entre Moetai Brotherson et Mark Brown [5]. Air Tahiti s’est officiellement positionnée pour opérer cette nouvelle liaison. Un travail est actuellement mené sur les conditions réglementaires nécessaires à sa mise en place.

Un autre projet concerne l’ouverture de hubs régionaux de maintenance d’avions ATR à Tahiti – un terrain doit être trouvé – et en Nouvelle-Calédonie. "Pour Nouméa, c’est un des cinq projets que le gouvernement calédonien a soumis lors du sommet Union européenne – PTOM à Aruba en avril. On attend maintenant l’arbitrage de l’UE", indique Véronique Roger-Lacan. Un contact a également été pris entre Air Calédonie et les trois États de Micronésie, les Îles Marshall, Palau et les États fédérés de Micronésie, à la suite de la visite de la diplomate sur place en avril. "Il y a du vrai potentiel."

Autant de points déjà abordés par l’ambassadrice à son retour de la 14e conférence de la Communauté du Pacifique, organisée en octobre 2025 à Tonga.

À LIRE ÉGALEMENT :

Montée des eaux, connectivité aérienne, création audiovisuelle… Quels sont les grands projets de la France dans le Pacifique [6] ? [6]

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Links
[1] https://www.theprif.org/ [2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/environnement/societe/la-scorie-un-des-outils-de-la-reconstruction [3] https://www.lnc.nc/article/pacifique/societe/histoire/echos-du-pacifique-un-programme-pour-conserver-les-civilisations-oceaniennes [4] mailto:campusmobile.spp@diplomatie.gouv.fr [5] https://www.lnc.nc/article/pacifique/iles-cook/transports/les-iles-cook-et-la-polynesie-signent-un-accord-historique-pour-renforcer-la-connectivite-aerienne [6] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/pacifique/environnement/economie/montee-des-eaux-connectivite-aerienne-creation-audiovisuelle-quels-sont-les-grands-projets-de-la-france-dans-le-pacifique [7] https://www.lnc.nc/user/password [8] https://www.lnc.nc/user/register [9] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements