
Après des mois de tensions dans les établissements hospitaliers et de mobilisation des soignants, le gouvernement veut désormais engager une réflexion plus large sur l’avenir du système de santé calédonien. Les 27, 28 et 29 mai, l’exécutif organisera la "Conférence Gallieni de la santé", présentée comme une étape destinée à construire un plan d’actions partagé avec les acteurs du secteur.
"On ne pouvait plus fonctionner avec une approche au coup par coup", a introduit mercredi 20 mai Christopher Gygès, membre du gouvernement notamment chargé du budget, lors du point presse post-séance de l’exécutif. Inspirée du "Ségur de la santé" organisé en Métropole après la crise sanitaire, cette conférence réunira établissements publics et privés, professionnels libéraux, partenaires sociaux et institutions autour de trois axes : l’attractivité des métiers, les besoins de soins et la soutenabilité financière du système.
"Ce n’est pas tant d’aller chercher des professionnels à l’extérieur, que de faire en sorte que ceux qui sont déjà là ne partent pas", a insisté Naïa Wateou, en charge de la fonction publique.
La question des ressources humaines devrait occuper une place centrale dans les échanges. Claude Gambey, membre du gouvernement chargé de la santé, a d’ailleurs rappelé que plusieurs mesures ont déjà été adoptées ces derniers mois [1] après les mouvements sociaux [2] dans les établissements de santé.
"On avait besoin de se parler", explique-t-il, en évoquant notamment les dispositifs votés récemment autour des primes, des bonifications d’ancienneté ou encore de la pénibilité pour certains personnels. Mais pour le gouvernement, ces réponses ponctuelles ne suffisent plus. "Il s’agit pour nous de bien ajuster les politiques à venir en matière de revalorisation salariale", poursuit Claude Gambey.
Ainsi, depuis trois mois, les cabinets gouvernementaux travaillent avec les acteurs du secteur afin de préparer les ateliers et définir les priorités. Mais "faire un catalogue de mesures qui ne seraient pas finançables, ça ne serait que des annonces", prévient Christopher Gygès.
Car derrière les questions d’attractivité et de conditions de travail, se pose aussi celle du financement du système de santé, alors que les comptes sociaux sont dans le rouge. "Il faut que le monde de la santé entende ce sujet-là, insiste Claude Gambey. La santé est un système très budgétivore."
Selon les chiffres avancés par Christopher Gygès, les dépenses de santé ont augmenté "de 15 à 20 milliards" de francs en une décennie. Le gouvernement entend donc avancer sur plusieurs chantiers liés à la santé numérique : numéro unique de santé, dossiers médical et pharmaceutique partagés, ou encore feuille de soins électronique.
Autre dossier d’ampleur porté par le gouvernement : la refonte de la carte sanitaire, actuellement étudiée avec des experts missionnés par l’État. L’objectif poursuivi est d’adapter l’offre de soins aux bassins de population et de mieux planifier les investissements futurs.
À l’issue de ces trois journées, le gouvernement espère aboutir à un plan d’action "priorisé" et "partagé" avec les différents acteurs du secteur. "Le but, résume Christopher Gygès, c’est que les Calédoniens continuent d’être bien soignés et que les professionnels puissent exercer dans de bonnes conditions."
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/le-congres-vote-un-texte-pour-essayer-d-enrayer-la-fuite-des-soignants
[2] https://www.lnc.nc/article/sante-les-soignants-se-mobilisent-avant-une-seance-du-congres-sous-pression
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