- Julien Mazzoni | Crée le 16.04.2026 à 15h00 | Mis à jour le 16.04.2026 à 15h01ImprimerAdopté par le Congrès, le dispositif vise à répondre aux difficultés de recrutement et de fidélisation des soignants paramédicaux. Photo archives LNC / Baptiste GouretAdopté ce jeudi 16 avril par les élus du Congrès, le projet de délibération prévoit une bonification d’ancienneté et une prime de stabilité pour les paramédicaux, afin de limiter les départs, alors que le système de santé est en tension.
C’était une séance particulièrement attendue par les soignants. Le Congrès a adopté, ce jeudi 16 avril, un dispositif exceptionnel en faveur des personnels médicaux et paramédicaux, qui a recueilli 31 voix pour et 11 abstentions, sans opposition.
Un vote espéré, après près d’un an de travail et plusieurs mois de discussions, dans un contexte de fortes tensions sur le système de santé. Des soignants s’étaient d’ailleurs rassemblés devant l’institution avant l’ouverture de la séance pour rappeler l’urgence de la situation.
Le texte propose deux mesures principales : une bonification d’ancienneté et une prime de stabilité, destinées à reconnaître les agents en poste et à limiter les départs, dans des métiers déjà en situation de pénurie.
"Pas une prime, mais la reconnaissance de notre travail"
Dans l’hémicycle, plusieurs élus ont décrit une dégradation des conditions de fonctionnement des établissements de santé. Au CHT, il manquerait environ un agent sur cinq parmi le personnel non médical, a ainsi rappelé en séance Philippe Dunoyer (Intergroupe Éveil océanien – Calédonie ensemble). Difficultés à recruter, équipes fatiguées, recours à des renforts temporaires… Ce constat est largement partagé.
Pour les syndicats, le projet de délibération constitue une première réponse. "Tout le monde a reconnu sa nécessité, sinon, les soignants allaient partir en masse", a déclaré à l’issue de la séance Nicolas Labenski, secrétaire général du secteur santé-social à la Fédération des fonctionnaires, qui attendait ce texte depuis plusieurs mois. "Ce n’est pas une prime, c’est la reconnaissance de notre travail", ajoute-t-il.
Si cette disposition a fait consensus sur le principe, plusieurs élus, dont les groupes UNI et l’Intergroupe Éveil océanien – Calédonie ensemble, ont choisi de s’abstenir en raison d’interrogations sur son financement. "Nous ne sommes pas contre, mais c’est le moment qui pose question", a ainsi expliqué Ithupane Tiéoué, élue de l’Union nationale pour l’indépendance.
Plus de 650 millions de francs par an
Le coût du dispositif est en effet estimé à un peu plus de 650 millions de francs par an, selon les données évoquées en séance. L’élue UNI a notamment mentionné le déficit du régime d’assurance maladie (Ruamm), estimé à près de 18 milliards en 2026, ainsi qu’un besoin de financement de 50 à 60 milliards pour équilibrer le budget à court terme. Son groupe plaidait donc pour un étalement des mesures.
Un choix coûteux que l’exécutif assume cependant. "On se pose toujours la question du financement, mais il fallait agir", tranche Claude Gambey, en charge de la santé. La bonification d’ancienneté et la prime de stabilité doivent être financées en partie par des subventions de l’État, obtenues dans le cadre du pacte de refondation. Le membre du gouvernement indique également que ces deux mécanismes répondent à un sentiment largement exprimé par les agents en poste, qui estimaient ne pas bénéficier d’outils d’attractivité pour recruter. Claude Gambey a enfin rappelé que le projet de délibération s’inscrit dans un chantier plus large, avec d’autres travaux à venir, notamment sur les conditions de travail et la réorganisation du système de santé.
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