
C’est la première fois qu’une course à la voile s’élance dans le pays dans des coins si reculés et loin des côtes pour une durée d’environ quatre jours, soit une distance totale 600 miles nautiques aux confins du parc naturel de la mer de Corail. D’où le nom de cet événement qui montre "la volonté des équipages locaux de progresser dans les courses au large", glisse Tugdual Piriou, le directeur du cercle nautique calédonien (CNC).
"Aujourd’hui, le milieu de la voile se structure et participe de plus en plus à d’autres manifestations comme la Sydney-Hobart. Ce rendez-vous permet un entraînement plus régulier en vue de monter en compétences" Si cette première édition s’avère couronnée de succès, la Corail 600 pourrait ainsi revenir tous les deux ans, à l’image de sa grande sœur la Groupama race. De quoi offrir aux skippers comme aux spectateurs, une grande course de voile chaque année.

30 nœuds de vent, une pluie soutenue, une houle avec des creux de quatre mètres… Difficile d’imaginer pire météo (si ce n’est une absence totale de vent) pour les équipages. Or, les prévisions convergent toutes vers ce scénario de mauvais temps continu tout au long de la course, du samedi 13 au mercredi 16 juin, jour à partir duquel les premiers bateaux sont attendus à Nouméa.
Du moins s’ils sont encore en état de naviguer. Car avec un temps aussi maussade, l’inquiétude est palpable chez l’ensemble des participants, qui affichent un objectif pour le moins pragmatique : "arriver entiers et en un seul morceau, en limitant la casse au maximum sur les bateaux". Une première édition qui s’annonce "épique", résume Mathieu Landrieu, président du CNC, qui répondra également présent sur la ligne de départ : "Dans ces conditions, ce ne sera pas agréable. On sera tous en mode survie car les gens seront malades, auront des difficultés à manger, à dormir, etc. Nous devrons faire avec la fatigue, les casses et nos équipages vont tous être mis à rude épreuve, insiste le skipeur, pour qui la résistance devrait, en grande partie, influencer le résultat de la course. La gestion de la casse va beaucoup compter dans le classement."
Pour autant, les organisateurs assurent avoir préparé en amont les protocoles de sécurité pour prendre le moins de risque possible sur ce genre d’évènement où tout peut basculer en quelques secondes. Comme l’an dernier, lors de la Groupama race où le Rushour avait chaviré au large de Bélep [1], mettant en péril les six compétiteurs australiens.
Si le CNC est à la barre, la course est co-organisée par le gouvernement, en tant que gestionnaire du parc naturel de la mer de Corail, qui sera mis à l’honneur pour l’occasion. C’est pourquoi le parcours de la course traversera des zones emblématiques et à hauts enjeux de biodiversité de la zone, dont la réserve de l’île Walpole, la ride de Norfolk ou les monts sous-marins d’Antigonia, "un lieu de rassemblement des baleines qui remontent de l’Antarctiques et que les skippers devraient croiser", espère Manuel Ducroq, chef du service du parc marin au gouvernement. "La Nouvelle-Calédonie abrite près du tiers des derniers récifs coralliens préservés de la planète et a l’avantage d’être reculée, avec peu de trafic dans ses eaux. Mais la difficulté c’est de sensibiliser la population à cet espace qui ne commence qu’à partir de 20 kilomètres des côtes."
C’est pourquoi tout au long de la manifestation des animations autour de la biodiversité seront proposées au grand public et en particulier le dimanche 14 juin, au village de la Corail 600 qui ouvrira ses portes au Yacht Club du CNC, à la baie des Pêcheurs. Expositions, rencontres, stands des partenaires du parc, découvertes virtuelles, animations artistiques et musicales, espace contes, librairie, restauration et initiations aux sports nautiques permettront au public de mieux connaître cet immense espace marin. Entrée libre, à partir de 9 heures
Par ailleurs, chaque fin d’après-midi, projections, conférences et débats permettront d’aborder les grands enjeux du parc marin avec les acteurs de terrain. Ces rendez-vous précéderont le point course quotidien organisé dans la salle du Trois-Mâts à 19 heures.
Le coup d’envoi de la régate sera donné le samedi 13 juin, vers 16 heures, depuis la Baie des Citrons, afin d’être visible pour les spectateurs. Sur la ligne de départ, six équipages, dont un nouveau venu, le Xanax. Parmi les autres compétiteurs déjà rompus à ce type de course, l’équipage du monocoque Guilty qui avait remporté la précédente Groupama race (catégorie temps compensé) devant l’équipe BNC – my ::NET, qui sera également de la partie.
Pour cette première édition, les organisateurs ont préféré resserrer la participation aux navigateurs locaux. Mais en cas de reconduction de la manifestation, la régate devrait s’ouvrir aux skippeurs étrangers et notamment australiens.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/sports/voile/groupama-race-soulagement-apres-le-sauvetage-de-l-equipage-du-rushour
[2] https://mer-de-corail.gouv.nc/fr/corail-600-le-programme-des-animations
[3] https://www.lnc.nc/user/password
[4] https://www.lnc.nc/user/register
[5] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements