
Christopher Gygès alertait, en février, lors du passage de l’avant-projet de loi de pays en séance du gouvernement, sur la situation du système de retraites, "en grande difficulté". En raison du vieillissement de la population, ainsi que de la perte de plus de 10 000 emplois salariés depuis 2024. Selon le membre de l’exécutif en charge des comptes sociaux, la Cafat prévenait même d’une possible "cessation de paiements du régime du secteur privé au mois de juin".
Depuis, le gouvernement a signé, avec le haut-commissariat et l’AFD (Agence française de développement), fin mai, la convention octroyant le prêt garanti d’un montant de 44 milliards de francs [1], qui vise notamment à financer les comptes sociaux, dont les retraites et le Ruamm.
Réforme des retraites : il va bientôt falloir travailler deux ans de plus [2]
Mais, outre cette aide, une réforme est jugée nécessaire afin d’assurer la pérennité du système. Une délibération en application du projet de loi de pays a donc été prise lors de la séance du gouvernement du mercredi 17 juin. "Le régime des retraites est exposé à une rupture de trésorerie, avec un besoin de financement s’élevant à 7 à 8 milliards de francs en 2026", indique le relevé de décisions transmis.
Les principales mesures concernent la durée de cotisations. Si l’âge de départ à la retraite est maintenu à 62 ans, la durée de cotisation nécessaire pour partir sans abattement passe de 37 à 39 ans, avec une augmentation progressive de six mois pendant quatre ans, jusqu’en 2030.
Il est également décidé de déplafonner l’assiette des cotisations retraite avec la création d’une seconde tranche de cotisation, dont le taux atteindra progressivement 15 %, ainsi que d’augmenter progressivement les taux de cotisations sur la première tranche correspondant à l’actuel plafond, qui passe de 14 % à 15 % en quatre ans.
Une durée minimale de cotisations de 15 ans est par ailleurs introduite pour partir à la retraite sans abattement avant 65 ans.
Une nouveauté concerne les travailleurs indépendants qui, jusqu’à présent, devaient justifier d’une période minimale de cinq ans en tant que salarié, afin d’être en mesure de cotiser au régime retraite du secteur privé. Il sera ainsi possible de s’assurer volontairement à la branche assurance vieillesse et veuvage.
Enfin, les retraités seront soumis au même taux de CCS (contribution calédonienne de solidarité) que les salariés. Actuellement fixé à 1,3 %, il lui grimpera progressivement à 3 %. L’augmentation s’effectue annuellement à hauteur de 0,6 % en 2026 et 2027 et de 0,5 % en 2028.
"Ces mesures visent à corriger les déséquilibres structurels de cette branche et permettent de réaliser des économies sur les dépenses de la branche assurance vieillesse et veuvage", explique le gouvernement. Le projet de loi et son projet de délibération doivent maintenant être examinés au Congrès.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/le-gouvernement-et-l-etat-signent-le-pret-garanti-de-44-milliards-de-francs
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/social/economie/reforme-des-retraites-il-va-bientot-falloir-travailler-deux-ans-de-plus
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