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    Nouvelle Calédonie
  • Anne-Claire Pophillat | Crée le 19.02.2026 à 10h58 | Mis à jour le 19.02.2026 à 10h58
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    Le taux de CCS des retraités, aujourd’hui de 1,3 %, devrait augmenter à 3 % d’ici 2028, afin d’être aligné sur celui des salariés. C’est ce que prévoit un avant-projet de loi du pays adopté par le gouvernement mercredi 18 février. Photo Archives LNC
    Afin d’assurer "la pérennité" du système de retraites, le gouvernement a adopté, mercredi 18 février, un avant-projet de loi qui propose, notamment, de passer la durée de cotisation de 37 à 39 ans d’ici 2030, de créer une seconde tranche de cotisation pour les hauts revenus, ou encore d’uniformiser le taux de CCS appliqué aux retraités avec celui des salariés, à 3 %. Explications.

    "Le système de retraites est en grande difficulté", introduit Christopher Gygès, lors du point presse dédié aux décisions du gouvernement, mercredi 18 février. En raison du vieillissement de la population, mais aussi de la perte de 10 000 emplois salariés depuis les émeutes, explique le porte-parole. À tel point que la Cafat avait alerté le gouvernement sur une probable "cessation de paiements du régime du secteur privé au mois de juin".

    En conséquence, poursuit Christopher Gygès, l’exécutif a travaillé avec l’État afin d’obtenir une aide complémentaire dans le but de "sauver les retraites pour l’année 2026". "Nous avons une dotation supplémentaire de 15,4 milliards de francs qui sera dédiée aux comptes sociaux, dont 7 milliards aux retraites du secteur privé." Mais cela ne suffit pas. Une réforme est nécessaire afin de contribuer à pérenniser le système, insiste le porte-parole, en charge notamment des comptes sociaux.

    La retraite du privé ouverte aux patentés sans condition

    Des discussions ont été menées avec les partenaires sociaux et les groupes politiques lors de séminaires, afin d’élaborer ce premier train de mesures. Tout d’abord, si l’âge de départ à la retraite reste inchangé, à 62 ans, la durée de cotisation nécessaire pour partir sans abattement passe, elle, de 37 à 39 ans. L’augmentation sera progressive jusqu’en 2030, à raison de six mois par an pendant quatre ans. "On vit plus longtemps, on doit travailler plus longtemps", pointe Christopher Gygès.

    Ensuite, la création d’une seconde tranche de cotisation est prévue à partir de 2027, le plafond mensuel actuel étant fixé à 548 000 francs. Mais, si l’avant-projet de loi de pays acte le principe du déplafonnement, son niveau n’est pas encore décidé. "On a deux choix, soit au-dessus de 500 000 francs, soit de 300 000. Un débat est en cours avec les partenaires sociaux sur ce sujet." Cette seconde tranche était devenue inévitable. "On n’a pas d’autre choix si on veut financer." Et représente également une forme "d’équité", souligne le porte-parole.

    Le texte introduit également une durée minimale de quinze ans de cotisation afin de pouvoir partir avec une retraite pleine avant 65 ans, sans quoi il y aura des abattements.

    Une nouveauté concerne les travailleurs indépendants qui, jusqu’à présent, devaient justifier d’une période minimale de cinq ans en tant que salarié, afin d’être en mesure de cotiser au régime retraite du secteur privé. "On fait sauter ce seuil de cinq ans. Tout patenté pourra désormais y prétendre de manière volontaire", précise Christopher Gygès.

    Un taux de CCS à 3 % pour tous

    La dernière disposition concerne la contribution calédonienne de solidarité (CCS). Aujourd’hui, les salariés payent 3 % de CCS et les retraités 1,3 %. Afin "d’augmenter les recettes affectées à la Cafat pour le financement du Ruamm et à l’ASS pour les dépenses de protection sociale", le texte propose d’augmenter progressivement le taux de CCS des retraités jusqu’à 3 %, soit trois fois 0,6 % chaque année jusqu’en 2028. Le taux de CCS des retraités sera ainsi aligné sur celui des actifs (le minimum vieillesse et le complément retraite ne sont pas concernés). Il s’agit de "solidarité intergénérationnelle", relève Christopher Gygès. "Cela permet une meilleure contribution. Un salarié ou un retraité qui touchent 200 000 francs doivent payer la même chose en termes de CCS. C’est quelque chose qui est juste." Cette mesure pourrait représenter un montant de 1,36 milliard de francs par an.

    Une étude est en cours afin de déterminer combien d’années de sursis cette réforme devrait donner au régime de retraites du privé. Mais le membre du gouvernement prévient : "Ce ne sera pas la dernière, il y en aura d’autres." L’avant-projet de loi du pays doit maintenant être validé par le Conseil d’État avant de revenir sur le bureau du gouvernement, puis de pouvoir être examiné par les élus du Congrès.

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