
Le maire de l’île des Pins a décidé de sévir. Trois jours après l’incendie d’un bâtiment de la mairie de Vao, survenu dans la nuit de vendredi 26 à samedi 27 juin, Régis Vendegou annonce dans un communiqué la fermeture des locaux de la mairie, ainsi que de la halle des sports et du stade Charles-de-Gaulle, jusqu’au vendredi 31 juillet inclus. Les services de cantine et de transports scolaires sont également interrompus jusqu’à cette même date. Enfin, toutes les décisions relatives à l’attribution de subventions communales "sont immédiatement et totalement suspendues".
Une décision radicale que le premier édile assume. Il la justifie par "l’irresponsabilité de certains clans", qui protégeraient les auteurs des faits. "Ce sont des jeunes délinquants qui s’alimentent en alcool au marché noir et passent leurs week-ends à saccager, tout le monde les connaît, mais personne ne veut donner de nom à la gendarmerie par peur de la vindicte populaire", accuse Régis Vendegou. Qu’importe si ces mesures pénalisent l’ensemble de la population.
Pour le maire, "tous les habitants sont concernés par ce laxisme et chacun est responsable à son niveau", y compris "les autorités coutumières", qui alimenteraient ce silence coupable. "Ce qu’il s’est passé ce week-end n’est pas un acte isolé, il y a des intrusions régulières dans les commerces, des panneaux de signalisation arrachés chaque week-end." Quant au gel des subventions, il l’explique de la même manière : "dans les associations, tout le monde se connaît et sait très bien qui est responsable."
Selon le procureur, cinq personnes, des jeunes "fortement alcoolisés", auraient été vues sur les lieux de l’incendie, tentant d’éteindre le feu, dans la nuit de vendredi à samedi. Seul un mineur de 17 ans a été interpellé en tentant de prendre la fuite. Dès le lendemain des faits, le maire, étiqueté UNI-Palika, avait fait part d’un "profond sentiment de colère, de tristesse et d’incompréhension", exigeant une mobilisation des autorités coutumières, religieuses, mais également des parents et plus largement de toute la population de Kunié. Pour autant, "il n’y a aucun résultat, rien n’avance", regrette Régis Vendegou, qui espère que l’initiative de l’exécutif municipal incitera les habitants à réagir.
L’état civil, un service obligatoire, sera maintenu, ainsi que certains autres liés à la gestion de l’eau courante et de l’électricité. Le ramassage des ordures devrait, en revanche, être suspendu. Ce mercredi 1er juillet, le maire et ses adjoints tiendront une réunion publique au marché de Vao pour expliquer leur décision. "On invite la population à venir discuter", indique Régis Vendegou.