
Sur les exploitations de Gary Roy, Roland Clemen, Rodrigue Hugeau et Yoann Terrier, à Bourail, le bilan n’est pas encore définitif. Il faudra attendre que la terre sèche pour savoir quels sont les plants qui peuvent repartir. Mais les premières estimations donnent déjà la mesure des dégâts occasionnés par les fortes pluies qui se sont abattues sur le pays du 17 au 20 juillet dernier.
En moyenne, les producteurs auraient perdu entre 30 et 40 % de leurs squashs et entre 25 et 30 % de leurs pommes de terre, selon la province Sud. Les écarts sont toutefois considérables d’une exploitation à l’autre. À Bourail, les pertes atteindraient 80 % pour le squash dans certains champs. Pour les pommes de terre, elles varieraient de 10 à 70 % selon les parcelles. Le maïs a été relativement épargné.
Ces premières évaluations ont été dressées vendredi 24 juillet, lors d’une visite de plusieurs exploitations par Levay Roy, président de la commission provinciale du développement rural. Des représentants des organisations agricoles, de l’Office de commercialisation et d’entreposage frigorifique (Ocef), de l’Agence rurale, des banques et de la Caisse d’assurances mutuelles agricoles étaient également présents.
Ces cultures ont été frappées au pire moment. La saison fraîche constitue leur principale période de production. Elles poussent en grande partie sur des terres alluviales, fertiles mais très exposées lorsque les cours d’eau débordent. Le 18 juillet, alors que Bourail et seize autres communes venaient d’être placée en vigilance orange [1], 50 millimètres de pluie avaient déjà été relevés et plusieurs radiers de la commune étaient submergés. Sur l’ensemble de l’épisode, les cumuls ont souvent dépassé 100 millimètres entre Bourail et le Mont-Dore.
Pour les agriculteurs sinistrés, il est désormais trop tard pour relancer du squash avant la fin de la campagne d’exportation vers le Japon et les quantités de semences de pommes de terre ont déjà été attribuées. Quant à un nouveau semis de maïs, il conduirait, lui, à une récolte pendant la saison cyclonique, avec le risque de nouvelles pertes. La production de fourrage destiné aux éleveurs fait donc partie des solutions de remplacement qui sont étudiées.
Reste la question de l’indemnisation. Les exploitants assurés pourront demander à la Caisse d’assurances mutuelles agricoles de compenser tout ou partie de leur perte de chiffre d’affaires. La province Sud indique pouvoir également proposer des prêts de trésorerie à taux réduit et des prêts d’honneur par l’intermédiaire de Sud Relance. D’autres aides pourraient financer la remise en état des parcelles ou l’achat de terre végétale, en complément des dispositifs de la Nouvelle-Calédonie liés aux catastrophes naturelles.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/17-communes-placees-en-vigilance-orange-fortes-pluies-et-orages
[2] https://www.lnc.nc/article/intemperies-neuf-randonneurs-et-un-conducteur-pieges-par-la-montee-des-eaux-secourus-dans-le-sud
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