
Dans quelles conditions cette 48e édition a-t-elle été préparée ?
Cela a été difficile, parce que nous avons pratiquement tout perdu lors de l’incendie du début d’année [1]. Cette foire a redémarré au stylo et au papier : nous n’avions plus nos outils administratifs, ni le matériel électrique permettant d’alimenter le site. Plus de 10 millions de francs d’investissements accumulés en quarante-huit ans sont partis en fumée.
Malgré cela, les Calédoniens ont répondu présent. Nous accueillons 600 exposants et le pôle du machinisme agricole a doublé de superficie, pour atteindre environ 2 000 mètres carrés. L’hippodrome est bien rempli.
Où en est la remise en état du local incendié ?
Nous n’avons pas encore pu reconstruire. Le dossier prend du temps entre les assurances et les expertises. Le bâtiment doit être démoli en septembre. La province Sud nous a accueillis dans les locaux de la 3DT et nous avons installé des préfabriqués sur le site pour disposer d’un quartier général. Les assurances jouent également le jeu. Nous attendons maintenant la reconstruction.
Après environ 25 000 visiteurs en 2025, quelle fréquentation espérez-vous ?
Il faut tenir compte du contexte économique : le porte-monnaie des Calédoniens s’est réduit. Nous espérons tout de même atteindre les 20 000 visiteurs. Mais que l’on soit 20 000, 25 000 ou 30 000, nous voulons surtout redonner le sourire aux gens. Cette foire tisse des liens, rassemble et n’a pas de couleur de peau.
Quelles seront les nouveautés ?
Nous avons repris les ingrédients qui fonctionnent. Il y aura notamment le retour du concours de bûcheronnage, avec des participants néo-zélandais. Nous accueillerons aussi Jérôme Despey, le président du Salon international de l’agriculture. Il viendra découvrir la foire et nous voulons parvenir à une convention avec le Salon de Paris. Ce serait une manière de valoriser davantage notre "made in Nouvelle-Calédonie".
Quel est le budget de cette édition ?
Une Foire de Bourail demande généralement entre 40 et 60 millions de francs. Cette année, le budget s’élève à 49,9 millions. Nos partenaires nous ont suivis et nous avions conservé un peu d’épargne. Nous commençons également à préparer la 50e édition.
Le budget est équilibré. L’incendie a toutefois entraîné des retards administratifs, mais cela ne se verra pas sur le terrain. Les tarifs restent fixés à 500 francs par personne et 500 francs par voiture. Les enfants installés dans un rehausseur ne paient pas. Ces tarifs n’ont pas bougé depuis quarante-deux ans.
Que représente la foire pour l’économie calédonienne ?
Elle est agricole, mais aussi artisanale et commerciale. Elle valorise la Brousse, le tourisme et les entreprises calédoniennes. Elle représente près de 400 millions de francs de retombées sur une quinzaine de jours. Pour beaucoup d’exposants, elle pèse entre 40 et 60 % de leur chiffre d’affaires annuel.
Dans quel état d’esprit les agriculteurs arrivent-ils après les fortes pluies de juillet ?
Ils sont préoccupés. Le marché de la production locale s’est réduit avec la baisse du pouvoir d’achat. À cela s’ajoutent les aléas climatiques. Les champs étaient magnifiques avant les pluies et les agriculteurs ont mis les moyens pour sauver ce qui pouvait l’être.
Certains ont beaucoup perdu, mais le monde agricole sera au rendez-vous. Le vendredi est souvent présenté comme la journée des professionnels, mais elle est ouverte au public. C’est le jour des plus belles bêtes et des grands concours, mais aussi l’occasion de faire le lien entre producteurs et consommateurs. Les visiteurs pourront suivre le chemin de la graine à l’assiette et comprendre les difficultés du métier. Tout le monde recherche des prix bas, mais les coûts de production augmentent et aucun mécanisme ne permet de stabiliser le prix des matières premières agricoles.
De nombreux responsables politiques seront présents. Ce sera peut-être l’occasion de leur adresser un message ?
Les cartes ont été rebattues et il existe un alignement politique sur l’agriculture. Les agriculteurs veulent vendre leurs produits, disposer de débouchés et avoir de la visibilité. La transformation, la restauration collective et l’exportation seront au cœur des échanges. Les responsables pourront entendre directement ceux qui vivent de la terre, pas seulement les personnes mandatées pour parler à leur place.
Cette édition sera-t-elle bien votre dernière comme président ?
Oui. Je resterai dans les murs, mais je suis désormais élu. Je reste un Bouraillais passionné par l’agriculture, issu d’une famille qui en vit depuis plusieurs générations. Il n’y a pas de mélange à faire entre mes convictions politiques et la foire.
J’ai choisi de rester à la barre parce que le comité traversait des difficultés. Je vais maintenant passer la main. Lorsqu’une personne monopolise trop longtemps une fonction, c’est la foire qui finit par y perdre. Avec mon équipe, nous avons créé le Royal Caledonian Show et fait grandir le concours des produits du terroir. Beaucoup de jeunes nous rejoignent. La Foire de Bourail n’appartient pas à Levay Roy : elle appartient à tous les Calédoniens.
Les relations sont-elles désormais apaisées avec la mairie et le district coutumier de Ny ?
Oui, clairement. Il y avait un contexte particulier, avec les élections municipales puis provinciales. Chacun s’est retrouvé dans la position d’un adversaire, mais, au fond, nous sommes tous frères. Nous devons maintenant œuvrer pour les Bouraillais et pour la Nouvelle-Calédonie.
Nous avons su mettre nos divergences de côté et nous coordonner avec la mairie sur les travaux. Après les intempéries de l’année dernière, des caniveaux ont été créés, les écoulements améliorés et les routes renforcées. Le site est prêt.
La Chambre de métiers et de l'artisanat accompagnera cette année 49 exposants répartis dans deux halls : 27 artisans d’art dans le hall 1 et 22 professionnels des métiers de bouche et des produits transformés dans le hall 3. Une enveloppe de 200 000 francs est consacrée aux concours des plus beaux stands. Les apprentis du Centre de formation de l’artisanat proposeront également des démonstrations de découpe de viande et un jeu baptisé "La Carcasse mystère".
Pour sa première participation, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) lancera une consultation ouverte à tous les entrepreneurs de Brousse. L’organisation souhaite recueillir les difficultés rencontrées dans les communes, qu’elles concernent les accès, la voirie, les infrastructures, les procédures ou les relations avec les collectivités. Les témoignages doivent alimenter un premier état des lieux et un mémorandum consacré à l’agriculture. La CPME entend également constituer un réseau de référents locaux, afin de suivre les problèmes signalés après la foire.
La Fédération des entreprises et des industries de Nouvelle-Calédonie sera, elle aussi, présente aux côtés de plusieurs entreprises adhérentes. Son président, Xavier Benoist, profitera de l’événement pour défendre l’élaboration d’une stratégie économique calédonienne, le développement des filières de transformation locale et la souveraineté alimentaire.

Vendredi : les concours agricoles
La foire ouvrira à 8 heures. Les concours bovins et équins commenceront à 8h30, suivis des concours ovins et caprins à 9 heures, puis porcins à 9h30. Une table ronde de la Chambre d'agriculture et de la pêche se tiendra de 14 heures à 16 heures. La remise des récompenses des concours d’animaux est prévue à 16h30, avant l’élection de Miss Foire de Bourail à 18h30.
Samedi : bûcheronnage et rodéo nocturne
Les concours d’équitation western débuteront à 8 heures. Le concours de bûcheronnage se déroulera de 9 heures à 11h30 puis de 13 heures à 15 heures. Les qualifications de la course de stock partiront à 8h30, le concours de barbecue à 9 heures et le Barrel Race à midi. La Claquette Cup est programmée à 14 heures. Après un spectacle équestre de Charlotte Marshall à 16h35, le rodéo nocturne commencera à 17 heures.
Dimanche : brochette géante et grand rodéo
La finale de la course de stock et le concours de bûcheronnage commenceront à 8h30. Un grand défilé traversera le site de 10 heures à midi. La tentative de record du monde de la plus grande brochette de cerf rusa est annoncée à midi. Le grand rodéo débutera à 13 heures, en même temps que le tirage au sort permettant de gagner un pick-up. La remise des prix aura lieu à 16 heures et la foire fermera ses portes à 17 heures.