
Moins d’une semaine après les faits, six personnes ont été condamnées pour avoir frappé un jeune de 19 ans soupçonné d’un cambriolage commis la veille. Présentées vendredi 21 août au parquet de Nouméa à l’issue de leur garde à vue, elles ont reconnu leur culpabilité dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, une procédure qui permet au procureur de proposer directement une peine. Celle-ci doit ensuite être acceptée par le prévenu et homologuée par un juge. Deux autres personnes, également placées en garde à vue, ont été mises hors de cause. Selon le procureur Yves Dupas, elles n’avaient commis "aucun geste de violence".
L’affaire débute le vendredi 14 août. [1]Un jeune de 19 ans s’introduit dans une habitation de son quartier et emporte plusieurs objets ainsi qu’un porte-monnaie contenant 12 000 francs. Rapidement identifié, il dépose les biens volés et le porte-monnaie vidé de son contenu chez son père, où le propriétaire vient les récupérer.
Le lendemain matin, alors qu’il marche le long d’une route, un véhicule s’arrête à sa hauteur. Le jeune homme est menacé avec une arme blanche par un groupe et contraint de monter à bord. Il est conduit dans une impasse du lotissement Julisa, à Ondémia, où cinq personnes lui portent des coups de pied et de poing. Les violences, aggravées par l’usage ou la menace de sabres et d’un couteau, lui ont occasionné cinq jours d’incapacité totale de travail.
Un second véhicule arrive ensuite sur les lieux avec trois personnes à son bord. L’une d’elles reconnaît avoir donné une gifle au jeune homme. Les deux autres ont été mises hors de cause.
Les cinq personnes présentes dans le premier véhicule ont chacune été condamnées à quinze mois d’emprisonnement avec sursis. La sixième écope de six mois avec sursis. Toutes devront également suivre un stage de citoyenneté et ont interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.
L’enquête avait initialement été ouverte pour séquestration, enlèvement et violences volontaires aggravées. Dans la réponse judiciaire communiquée vendredi par le parquet, seuls les faits de violences aggravées figurent parmi ceux soumis à la procédure de reconnaissance préalable de culpabilité.
Le procureur souligne que les six condamnés n’avaient aucun antécédent judiciaire et étaient tous insérés socialement. Il rappelle toutefois que ces violences ont été commises pour "venger" la victime du cambriolage. "Dans une démocratie, aucun individu ne peut faire justice soi-même", rappelle Yves Dupas.
Le jeune homme violenté a demandé, par l’intermédiaire de son avocat, le renvoi de l’examen de ses intérêts civils. Une audience ultérieure devra donc fixer son éventuelle indemnisation. De son côté, il doit toujours répondre devant la justice du cambriolage commis le 14 août.